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Derniéres nouvelles
Sud-Soudan : Plus de 50 bombardements en deux mois - 11- 01 - 2001
Les Evêques Catholiques des Etats-Unis : Le cri du SOUDAN pour la PAIX ! - 14-11-2000
Les évêques soudanais dénoncent l’indifférence internationale - 18 -10- 2000
Nouvelles du 12 au 19 septembre 2000
Nouvelles du 20 juillet au 29 août 2000
Un évêque grec assassiné à Khartoum
"La communauté internationale ne peut abandonner les civils Sud Soudanais"
Le chef de la diplomatie soudanaise au Vatican
Les évêques anglophones et francophone de l’Afrique veulent travailler ensemble
Khartoum : La vie de l’Eglise catholique est de plus en plus difficile
Evêque de Rumbek : Mon peuple vit dans la terreur des bombes
Appel de l'archevêque de Canterbury au Soudan à la tolérance
Appel aux conférences épiscopales des pays du Nord
Centenaire de la première messe après le révolution Mahdiste
Le Soudan va transformer les écoles primaires en écoles coraniques
Veillée de prière après la libération des 2 prêtres
Les Pères Boma et Sebit veulent rester en prison
Le Soudan édicterait un décret contre la construction d'églises dans les bidonvilles
Expulsion
de Gilles Poirier, P.M.É.(prêtre des missions étrangères
du Québec), du Soudan
| Au cours des deux derniers mois de l'an 2000, l'aviation de Khartoum
a commis plus de 50 bombardements dans le sud du Soudan, tuant plus de
47 personnes, majoritairement des civils. C'est le tragique bilan divulgué
aujourd'hui par l'association Sudan Focal Point basée à Nairobi
(Kenya). La région la plus ciblée par les avions gouvernementaux
a été celle de l'Equateur, avec plus de 20 bombardements.
Lors de l'un des derniers raids, lancé sur la ville de Lui, 2 personnes
ont été tuées et la cathédrale de l'Eglise
épiscopale locale a été détruite. On a en revanche
enregistré 7 à 8 incursions aussi bien dans le Bahr el Ghazal
que dans le Blue Nile du Sud. Des attaques sporadiques ont en revanche
été menées dans le Haut Nil et dans le Kordofan méridional.
Hier en outre, on a dénoncé un raid lancé par des
pro-gouvernementaux à Mariel Bail (Bahr el Ghazal), soldé
par 11 morts et 120 kidnappés, femmes et enfants pour la plupart.
La responsabilité des faits a été attribuée
aux Forces populaires de défense mais la dynamique fait plutôt
penser à une incursion typique des Baqqara, éleveurs semi-nomades
de souche arabe. Le gouvernement de Khartoum fournit à ces tribus
islamiques des véhicules et des armes automatiques, leur concédant
une sorte de "permis corsaire" et leur permettant de piller les villages
des groupes ethniques subsahariens, tels que les Dinka. Dans le passé
cependant, les Baqqara pillaient et enlevaient les femmes et les enfants
en évitant les effusions de sang.
(MISNA, Italie, 11 JAN 2001)
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| Le 14 novembre 2000
La cruelle guerre civile qui déchire le Soudan continue, sans donner le moindre signe que la fin du conflit se dessine à l’horizon. Cette tragédie humaine, l’une des pires de notre temps, se déroule sous nos yeux dans l’indifférence presque totale de la communauté internationale. Au cours des 17 dernières années, plus de deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont morts de façon tragique, et plus de quatre millions ont été chassés de chez eux et de leur terre ancestrale. Cette guerre est alimentée et perpétuée par des hommes qui s’acharnent à poursuivre des buts politiques et financiers au détriment des populations locales qui y perdent leur vie et leurs droits les plus élémentaires, et en particulier à cause de leur foi. Un gouvernement qui ne représente pas le peuple du Soudan s’est lancé, dans le Sud et l’Est du pays, dans une campagne de terreur systématique contre les chrétiens, contre les animistes (ceux et celles qui pratiquent les cultes traditionnels africains), et contre les populations qui ne sont pas d’origine arabe, tandis que, dans le Nord, il a fait détruire les lieux de culte chrétien et a réduit au silence, avec brutalité, les voix de l’opposition. Les Evêques du Soudan sont unanimes à admettre que, des deux côtés, les belligérants se sont rendus coupables d’atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine et cette remarque concerne aussi le Mouvement et l’Armée de Libération du Peuple Soudanais (MLPS/A). Mais c’est le Gouvernement soudanais qui porte la plus grande responsabilité des abus contre les populations civiles. Esclavage, torture, exécutions, persécution religieuse, lois discriminatoires, restrictions totalement injustifiées et injustifiables imposées à l’aide aux populations menacées de famine, bombardements sans discernement d’églises, d’hôpitaux et d’écoles, destruction et expropriation systématiques de propriétés et de ressources: telles sont quelques-unes des horreurs perpétrées contre les populations du Soudan. Ces horreurs n’ont fait que s’aggraver dans les derniers mois. Le Gouvernement de Khartoum, renforcé dans sa détermination de poursuivre ses buts par l’augmentation considérable de ses ressources grâce au pétrole, semble engagé dans une politique de renforcement de sa puissance militaire dans l’espoir de venir à bout de ses opposants par la seule force des armes. Dans le même temps, les succès militaires récents remportés par le MLPS/A dans le Sud ont donné au gouvernement de Khartoum une raison de plus d’intensifier la lutte sur les champs de bataille. Aucune solution satisfaisante du conflit ne pourra jamais être obtenue par la seule force des armes. Le but recherché - la paix - ne pourra être atteint que par des négociations en vue d’arriver à une solution politique du conflit, et non par la violence et la guerre. Le processus de paix promu par l’Autorité Intergouvernemental sur le Développement (IGAD) mérite l’appui de tous en dépit de ses défis particuliers et de sa complexité, car c’est le seul moyen viable d’arriver à une paix juste et durable. Nous nous unissons aux Evêques du Soudan pour encourager notre gouvernement à faire cause commune avec ceux et celles qui se sont engagés dans ce processus de paix et à user de son influence pour arriver à une paix fondée sur la justice en forçant les belligérants à se conformer à la Déclaration de Principes à laquelle ils se sont déjà tous ralliés et à la mettre en pratique. Des efforts devraient être faits pour que l’accès à ce processus de paix soit aussi ouvert à des membres représentatifs de la société civile, en vue de mieux s’assurer que les aspirations du peuple soudanais sont vraiment prises en considération. Comme on fait de nouveaux efforts pour faire revivre le processus de paix, il faut aussi que les belligérants fassent de leur côté des efforts pour éviter tout ce qui pourrait envenimer la situation et augmenter les souffrances des populations soudanaises, déjà très vulnérables. Tous les partis engagés dans ce conflit, mais plus particulièrement le Gouvernement de Khartoum, doivent cesser d’utiliser la distribution de denrées alimentaires comme une arme de guerre. La communauté internationale doit faire pression sur le Gouvernement Soudanais pour que l’aide humanitaire atteigne les populations les plus vulnérables où qu’elles se trouvent. Nous partageons la crainte des Evêques soudanais que les nouveaux revenus du pétrole ne vont pas être utilisés pour le bien du peuple soudanais. Les Evêques sont convaincus que ces revenus vont servir à poursuivre les hostilités plutôt qu’à hâter la venue de la paix. Nous faisons appel à toux ceux qui sont concernés dans ce problème, et plus particulièrement les compagnies pétrolières engagées dans les recherches et l’exploitation des champs pétrolifères au Soudan, d’utiliser leur influence pour la promotion des droits humains essentiels et la distribution équitable des bénéfices en provenance des richesses pétrolières du pays pour le bien de tous. En tant qu’Evêques de l’Eglise Catholique, nous cherchons à resserrer les liens de solidarité avec l’Eglise souffrante soudanaise and le peuple soudanais en général. Nous demandons aux Catholiques des Etats-Unis et à tous les hommes de bonne volonté dans notre pays de s’unir à nous dans nos efforts pour trouver des voies plus concrètes et plus effectives d’agir en solidarité avec l’Eglise du Soudan qui essaye par tous les moyens de promouvoir la paix dans le pays, une paix qui semble hélas ! encore bien éloignée. La voie la plus pratique pour nous d’aide concrète est encore et toujours les Services du Secours Catholique déjà à pied d’œuvre, non seulement pour apporter des secours urgents aux personnes déplacées et autres victimes du conflit, mais aussi pour aider les victimes à rebâtir leur vies et leurs communautés à partir des ruines que ce conflit a laissées derrière lui. De plus nous devons payer plus grande attention aux efforts qui sont faits à la base en vue de renforcer le rôle de la société civile dans la solution à apporter au conflit, plus spécifiquement les initiatives de paix entreprises par les organisations religieuses du Soudan. L’Eglise a besoin de l’assistance d’un plus grand nombre de missionnaires, spécialement dans les régions où l’Eglise se doit de faire face à de sévères difficultés, et où les Evêques se voient refuser le droit de prendre contact avec les hommes et les femmes qui relèvent de leur ministère. On ne peut plus tolérer que la violence et la répression continuent à sévir au Soudan. Les chefs politiques et militaires du Soudan doivent abandonner le chemin d’intolérance et de répression qu’ils sont en train de suivre, et qui n’a conduit jusqu’à maintenant qu’à la mort et à la destruction. Ils doivent s’engager sur une nouvelle voie, le chemin de la liberté, de la justice et de la paix, auxquelles leur peuple aspire si ardemment. Notre gouvernement , et les autres pays membres de la communauté internationale, doivent être prêts en permanence – pour citer les propres termes des Evêques Soudanais – «à sauver tout un peuple d’un génocide en préparation ». La communauté internationale peut certainement faire beaucoup plus qu’elle ne l’a fait jusqu’à maintenant pour aider le peuple du Soudan à mettre un terme à cette horrible guerre fratricide. Il n’est certes pas facile d’imposer la paix au belligérants, mais c’est possible, et c’est le seul chemin pour aller de l’avant. Nous devons prier pour le peuple du Soudan. Notre solidarité spirituelle est indispensable aux hommes et femmes du Soudan qui n’ont pas perdu l’espoir, en dépit de tout, que leurs efforts pour la promotion d’une paix juste porteront un jour des fruits abondants. Tournons-nous vers Ste Bakhita Joséphine, cette fille du Soudan qui fut délivrée de l’esclavage et de ses conséquences inhumaines, pour lui demander d’intercéder auprès de Dieu afin que sa terre natale le Soudan connaisse enfin la paix. Bureau du Développement Social et de la Promotion de la Paix
Universelle
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| Réunie en Italie, la Conférence des évêques
du Soudan a demandé l’intervention des Nations Unies pour enrayer
une guerre qui dure depuis dix-sept ans.
« Nous sommes dans une situation de guerre qui dure depuis
dix sept ans, une guerre qui a fait plus de deux millions de morts et quatre
millions de personnes déplacées, une guerre qui met en danger
des populations entières à cause de la famine et des maladies.
Que va devenir le Soudan? Quelles traces va laisser ce conflit sur la psychologie
et la mémoire de tout un peuple? Nous sommes surpris que tout cela
ne semble pas être un problème au yeux de la communauté
internationale ».
La découverte de gisements pétroliers dans le Sud accroît
encore les tensions
« Juste avant le Jubilé, nous avons publié une déclaration appelant au pardon » Mgr Zubeir Wako veut cependant souligner des signes d'espoir: «La
célébration du Jubilé a vraiment mis en mouvement
les fidèles. Tout le monde a été surpris par l'affluence
dans les rassemblements». Laissant entendre que cela a peut être
déplu aux autorités, l'archevêque souligne: «A
la lumière du Jubilé, il y a des choses qui doivent être
proclamées très fortement. Si Dieu aime tant les hommes qu'il
a envoyé son propre fils mourir pour nous, tout homme doit être
respecté. Mais nous ne l'avons pas proclamé avec colère
ou ressentiment. Au contraire: juste avant le Jubilé, nous avons
publié une déclaration appelant au pardon, demandant le pardon
et offrant le pardon à tous».
* Bakhita, la première sainte soudanaise
Guillaume Goubert
La Croix , Rome, 18 octobre 2000 |
Missionnaire catholique forcé de quitter le pays
Khartoum : Manifestation de femmes réprimée
La SPLA annonce la prise de trois zones pétrolières
Les évêques sollicitent des couloirs humanitaires et des aires interdites aux vols aériens
"Une décision politique pour mettre fin aux bombardements du Sud Soudan »
Evêque de Rumbek : “Nous avons besoin de casques bleus”
Narus et Maiwut : Bombardements aériens contre des objectifs civils
75 Soudanais à Rome et 10.000 à Khartoum pour les Journées Mondiales de la Jeunesse
Un évêque grec assassiné à Khartoum
"La communauté internationale ne peut abandonner les civils Sud Soudanais"
Le chef de la diplomatie soudanaise au Vatican
Les évêques anglophones et francophone de l’Afrique veulent travailler ensemble
Khartoum : La vie de l’Eglise catholique est de plus en plus difficile
Evêque de Rumbek : Mon peuple vit dans la terreur des bombes
Un
évêque grec assassiné à Khartoum
| Un évêque de confession grecque-orthodoxe, Mgr Titos Karatzalis,
de nationalité grecque, a été assassiné lundi
soir à son domicile de Khartoum, a annoncé mercredi l'ambassadeur
de Grèce au Soudan.
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'évêque, qui était âgé de 69 ans, a été poignardé par un ou plusieurs voleurs alors qu'il se trouvait seul dans sa résidence, et l'assassinat n'aurait pas d'implication religieuse ou politique, a précisé à l'AFP l'ambassadeur de Grèce, George Vallindes. "La police poursuit son enquête, mais il ne s'agit pas a priori d'une affaire religieuse ou politique", a par ailleurs confirmé à Alexandrie (Egypte) un porte parole du Patriarcat d'Alexandrie, qui a autorité sur toute l'Afrique, et dont dépend l'évêque assassiné. Ce porte parole a précisé que Mgr Karatzalis avait été muté il y a quatre ans d'Alexandrie dans la capitale soudanaise. Le ou les auteurs de l'assassinat n'avaient pas été arrêtés mercredi matin, a-t-il ajouté. Le corps de l'évêque se trouvait mercredi dans un hôpital de Khartoum pour y être examiné, et devait être transporté dans les prochains jours à Athènes, selon l'ambassadeur grec à Khartoum. (A.F.P. –B.Q.A. n°15757 du 3 août 2000)
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"La
communauté internationale ne peut abandonner les civils Sud Soudanais"
| "Ces bombardements sont véritablement sans précédent!".
C'est le cri de douleur lancé ce matin à l'agence MISNA par
Mgr Cesare Mazzolari, évêque de Rumbek (Soudan méridional),
italien, 63 ans, Le religieux a été contacté par téléphone
à Lokichokio (Nord du Kenya), où il attend de pouvoir regagner
son diocèse après que l'aviation de Khartoum ait lancé
des raids, ce week-end, sur les objectifs civils des régions de
Bahr el Ghazal, du Haut Nil, et de l'Equateur Occidental. Parmi les localités
touchées, on signale Wuncok, Nyamlell, Yei, Shambe et Adior. "Actuellement,
les civils qui se déplacent à cause des bombardements – poursuit
l'évêque – sont 1,7 millions mais ils pourraient passer à
5 ou 6 millions si les combats armés dans la zone ne cessent pas".
"Les conditions des déplacés prennent une tournure dramatique
à cause des averses diluviennes. C'est la saison des pluies et les
gens sont privés de couvertures, de revêtements de plastique
et de protections contre les moustiques". "La communauté internationale
ne doit pas ignorer cette urgence – souligne Mgr Mazzolari – et les organisations
de secours ne doivent pas se retirer si elles ne veulent pas contribuer
à une catastrophe humanitaire". Mgr Mazzolari lance cet appel conscient
que les agences et les organisations d'aide sont une cible importante des
bombardements effectués par l'armée de Khartoum. Le gouvernement
nord-soudanais a en effet l'intention de d'interrompre les ravitaillements
destinés aux rebelles du Spla (Armée de Libération
Populaire du Soudan) rendus possibles grâce aux vols des organisations
humanitaires œuvrant dans le Soudan méridional.
L'offensive gouvernementale a été déclenchée suite à une série de victoires militaires des rebelles. Au cours des dernières semaines, en effet, le Spla a pris le centre de Maaban (au Nord de Malakal) dans le Haut Nil, et la petite ville de Gogrial et deux ponts de la région de Bahr el Ghazal, se rapprochant ainsi du chef-lieu, Wau. (MISNA, Italie, 31-07-2000 )
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Le
chef de la diplomatie soudanaise au Vatican
| Cité du Vatican, 26 juil - Le chef de la diplomatie soudanaise,
Moustafa Osmane Ismaïl s'est entretenu mercredi au Vatican avec son
homologue au Saint Siège, Mgr Jean-Louis Tauran, des perspectives
de paix et de la place des catholiques au Soudan, a annoncé le Vatican.
"Le ministre soudanais a fait part des derniers développements politiques visant à introduire le multipartisme et un système fédéral pour pouvoir mettre fin au conflit qui déchire le sud Soudan depuis de longues années", a indiqué le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro Valls, dans un communiqué. Au cours de l'entretien les deux hommes ont également évoqué la situation de l'Eglise catholique au Soudan et examiné "les moyens d'améliorer les conditions de vie de la communauté catholique" pour lui permettre "de participer plus activement au développement de la société soudanaise". Le Sud Soudan dont les populations sont à majorité chrétiennes et animistes est en proie à une guerre civile depuis 1983 contre le pouvoir central nordiste et musulman de Karthoum. (A.F.P. – B.Q.A. n°15752 du 27 juillet 2000)
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Les
évêques anglophones et francophone de l’Afrique veulent travailler
ensemble
| Les évêques anglophones et francophones de l'Afrique occidentale
ont le désir grandissant de travailler ensemble et de mettre en
pratique le synode africain selon lequel l'Eglise est la "famille de Dieu".
Les évêques sont tous d'accord, notamment parce qu'ils ont
les mêmes problèmes pastoraux. "Construire l'Eglise Famille
de Dieu en Afrique Occidentale: défis et ressources à la
veille du IIIème millénaire" est le titre de la première
rencontre plénière des deux conférences épiscopales
régionales de l'Afrique Occidentale, qui se tiendra à Ouagadougou,
capitale du Burkina Faso, du 16 au 19 novembre 2000, à l'occasion
du centenaire de la première évangélisation de l'ancienne
Haute Volta. On parle désormais depuis trois ans d'unir les deux
conférences épiscopales de l'Afrique Occidentale, l'anglophone
et la francophone. Même si ce ne sera pas encore une véritable
fusion, on cherchera, au cours des travaux, à individualiser les
ressources disponibles de la région, pour mettre en pratique les
propositions du synode africain. Les invités seront en tout presque
150 et l'on comptera sur la participation de 71 évêques anglophones
et 64 francophones.
L'Association des conférences épiscopales anglophones de l'Afrique Occidentale (Aecawa) comprend le Nigeria, le Ghana, le Liberia, la Sierra Leone et la Gambie, tandis que la Conférence Episcopale régionale de l'Afrique Occidentale (Cerao) rassemble le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Togo, le Niger, le Sénégal, la Mauritanie, le Cap Vert et la Guinée Bissau. Mercredi dernier, à Abidjan (Côte d'Ivoire), le comité préparatoire de l'assemblée plénière conjointe des deux conférences épiscopales régionales de l'Afrique Occidentale s'est réuni en comité restreint; il s'était déjà réuni en 1999 à Abuja (Nigeria) ainsi que les deux années précédentes. (Misna, Italie, 24 juillet 2000)
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Khartoum
: La vie de l’Eglise catholique est de plus en plus difficile
| L'Eglise catholique est dans la ligne de mire des autorités
soudanaises. C'est ce que déclarent à l'agence MISNA des
sources ecclésiastiques se trouvant à Khartoum qui dénoncent
les persécutions des autorités islamiques contre le clergé
et les écoles catholiques. Ces deux derniers jours ont par exemple
été marqués par une tentative manquée de prendre
possession de deux écoles catholiques des zones Aradi 1 et 2 de
la province de Jebel Aulia (50 kilomètres au sud de la capitale),
dédiées à l'éducation des réfugiés
de la guerre civile. Malgré les déclarations rassurantes
des autorités soudanaises – affirment les sources de la MISNA –
au sujet de leur collaboration avec l'église catholique locale,
on enregistre surtout dans le sud, qui abrite la majorité des chrétiens
du pays, un véritable assaut contre les écoles catholiques
qui vise très probablement à rendre l'éducation élémentaire
exclusivement musulmane. En outre, les représentants de l'Eglise
ont de plus en plus de difficultés à se déplacer à
l'intérieur ou à l'extérieur du territoire soudanais
faute d'autorisations. Il y a quelques semaines, le Département
des Affaires Ecclésiales du Ministère de la Planification
Sociale a donné l'ordre aux ambassades soudanaises du monde entier
de ne pas accorder de permis au clergé catholique sans avoir été
contacté auparavant et sans l'autorisation du Ministère de
l'intérieur.
(MISNA, Italie, 20 juillet 2000 )
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Evêque
de Rumbek : Mon peuple vit dans la terreur des bombes
| "La population du diocèse catholique de Rumbek (Soudan méridional)
vit constamment dans la peur des raids de l'aviation soudanaise". C'est
ce qu'a déclaré à la MISNA Mgr Cesare Mazzolari, évêque
de Rumbek. "Nous avons été contraints, par précaution,
à suspendre les leçons à l'école élémentaire
catholique de Rumbek" a déclaré le religieux. "Pas un jour
ne se passe sans que l'Antonov soudanais (N.d.R un avion militaire de transport
utilisé comme bombardier) ne survole le ciel de Bahr el Ghazal,
la région du Soudan méridional la plus touchée par
la famine" a-t-il déclaré. A Achongchong, environ 35 km au
nord de Wau, les gens se sont amassés dans des conditions désespérées,
20 à 25 000 personnes qui tentent de fuir les combats entre les
gouvernementaux et le Spla (Armée de Libération Populaire
du Soudan). Mgr Mazzolari, un combonien italien de 63 ans, a lancé
un appel aux parties en lutte afin qu'elles respectent le cessez-le-feu
et évitent à la population civile de souffrir inutilement.
La guerre dans la sud du Soudan a éclaté en 1983 et a fait
plus de 2 millions de morts.
(MISNA, Italie, 20 juillet 2000 )
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| Khartoum, 29 avril (AFP) - L'archevêque de Canterbury
George Carey en visite au Soudan, a lancé samedi un message de réconciliation
et de tolérance religieuse dans ce pays, ravagé par 17 ans
de guerre civile.
Le primat de l'Eglise d'Angleterre, arrivé à Khartoum dans la nuit de vendredi à samedi, a fait cet appel lors de ses entretiens avec des responsables gouvernementaux a-t-on appris de source officielle. "L'archevêque a appelé au dialogue et à la coexistence entre chrétiens et musulmans au Soudan", a indiqué à la presse le ministre de la Planification sociale, Qotbi Mahdi, après un entretien avec George Carey. L'archevêque a aussi visité un camp de réfugiés à proximité de la capitale. Dimanche, il doit se rendre à Juba (Sud) pour assister à l'intronisation de l'archevêque de l'Eglise anglicane du Soudan, Joseph Marona, poste vacant depuis deux ans. "La première priorité de Joseph Marona est d'oeuvrer en faveur de la paix et de la réconciliation parmi tous les peuples du Soudan, quelle que soit leur religion ou leur origine", avait déclaré Mgr Carey à son arrivée à Khartoum. C'est la troisième visite de l'archevêque de Canterbury au Soudan, et la première depuis cinq ans. Dans son sermon de Pâques, l'archevêque avait mis en garde contre les risques d'oublier la guerre du Soudan. L'archevêque de Canterbury a par ailleurs discuté avec le ministre des Affaires étrangères Mustafa Osmane Ismaïl de la paix au Soudan et des effets de la guerre. Khartoum a annoncé samedi qu'il allait prolonger jusqu'au 15 juillet un cessez-le-feu temporaire dans la région de Bahr al-Ghazal (sud) afin de faciliter l'acheminement d'aide humanitaire à la population. |
Appel
aux conférences épiscopales des pays du Nord
| Le 18 février, les membres du Conseil épiscopales de
la région de l’Afrique centrale ont lancé un vibrant appel
à leurs frères évêques des Eglises du Nord,
leur demandant d’intervenir auprès de leurs gouvernements et des
entreprises internationales pour que cesse les conflits et la violation
des droits de l’Homme dont sont victimes leurs pays.
Chers confrères dans l’Episcopat Nous membres du Conseil permanent de l’Association des conférences de la région de l’Afrique centrale (ACERAC) regroupant les pays suivants : Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad, nous nous sommes réunis à Bangui du 15 au 18 février 2000. Malgré l’appel que nous avons lancé à Yaoundé au terme de notre Assemblée plénière en juillet 1999 sur le thème « Sécurité , droits humains et paix dans la sous-région d’Afrique centrale », nous constatons dans plusieurs de nos pays la persistance des conflits armés et du climat d’insécurité. En effet, les braquages et les assassinats se multiplient, les milices ainsi que les armées régulières, parfois appuyées par des armées étrangères, se livrent au pillage et au viol en toute impunité, provoquant le déplacement massif de populations innocentes. Dans les pays qui ne connaissent pas d’affrontements armés, les mêmes malheurs peuvent arriver. En effet, les droits humains sont foulés aux pieds, créant ainsi des risques d’explosion. Déjà dans nos pays la misère, la pauvreté et le sida s’installent. Les causes réelles de ces tensions et de ces conflits sont à la fois internes et externes. Ainsi dans nos pays, le tribalisme politisé, le manque de transparence dans la gestion de la chose publique, l’égoïsme de nos responsables politiques, la corruption généralisée gangrènent les structures de nos Etats et hypothèquent gravement l’avenir de nos peuples et plus particulièrement des jeunes. Cependant les puissances extérieures ont aussi leur part de responsabilité dans la situation actuelle. La recherche effrénée de leurs seuls profits, souvent au détriment de ceux de nos pays, les pousse à corrompre les décideurs. Ces puissances extérieures ne reculent devant rien pour sauvegarder leurs intérêts. L’exploitation de nos ressources naturelles est ainsi devenue paradoxalement la source de nos malheurs. Des Nations entières ont été mises à feu et à sang dans le seul but de préserver les intérêts de telle ou telle société internationale. Au nom de la solidarité humaine et chrétienne, nous vous supplions d’intervenir auprès de vos gouvernements, vos leaders politiques et économiques, vos entreprises internationales pour qu’ils écoutent davantage le cri angoissé de nos peuples victimes de cette recherche effrénée du profit. En effet « l’Afrique actuelle peut être comparée à l’homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho ; il tomba entre les mains des brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent le laissant à demi mort (cf. Lc 10, 30-37). L’Afrique est un continent où d’innombrables êtres humains –hommes et femmes, enfants et jeunes- sont «étendus , en quelque sorte, sur le bord de la route, malades, blessés, impotents, marginalisés et abandonnés. Ils on un extrême besoin de bons Samaritains qui leur viennent en aide » (Ecleisa in Africa, n°41). Que cette année du Jubilé soit pour nous tous une année de justice. « Qu’elle soit un temps de réconciliation entres les hommes et de concorde retrouvée entre les nations ; un temps où les lances se transforment en faucilles, où le fracas des armes fait place aux chants de Paix » (Jean-Paul II, Prière pour l’an 2000). Fait à Bangui, le 18 février 2000
Le Conseil permanent Cameroun
Centrafrique
Congo Brazzaville
Guinée Equatoriale
Tchad
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| L’église soudanaise fête aujourd’hui le centenaire de
la première messe, célébrée par Mgr. Antonio
Maria Roveggio, qui eut lieu au terme de la révolution mahdiste.
En 1881, Mohammed Ahmad se proclama "Mahdi" – sauveur et rédempteur
– et commença au Soudan une croisade dans le but de sauver l’Islam,
trouvant le soutien non indifférent de groupes ethniques arabisés
du nord du pays. En 1885, les mahdistes occupèrent Khartoum, battant
les anglais du général Gordon, et instaurèrent le
premier gouvernement national. Le régime de Mahdi dura jusque en
septembre 1898, mais peu de temps fut nécessaire pour balayer le
travail des missionnaires catholiques. La sainte messe de Roveggio marqua
la résurrection d’une église qui, au cours de la révolution,
avait subit des peines indescriptibles. Le jour du centenaire était
hier, 6 janvier, mais étant un jour de travail, les organisateur
ont décidé de le renvoyer à aujourd’hui, vendredi,
jour férié à Khartoum. Cette date coïncide d’ailleurs
avec l’Id al-Fitr, la fête musulmane qui marque la fin du Ramadan.
Les célébrations du centenaire se tiendront à partir
de 10 h 00, heure locale au Merikh Stadium de Omdurman, en la présence
de milliers de fidèles catholiques. La liturgie solennelle sera
présidée par l’archevêque de Khartoum, Mgr. Gabriel
Zubeir Wako. (CO)
7 janvier 1999 – (MISNA)
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Le
Soudan va transformer les écoles primaires en écoles coraniques
| Le Président du Soudan Omar Hassan al-Bashir a donné
l'ordre aux gouverneurs des Etats de transformer les écoles primaires
en écoles coraniques et d’enseigner le Coran aux enfants. (Les cours
de religion sont déjà obligatoires V.S.).
Bashir, en annonçant ce plan, à l’occasion d’une remise de diplômes à des instituteurs d'écoles primaires et de classes enfantines, a dit que « son gouvernement avait l'intention de changer la société pour vivre selon l'enseignement du Coran ». Environ deux millions de gens du Sud déplacés sont estimés vivre dans la capitale et les chrétiens parmi eux sont alarmés par l'ordre de Bashir. Bien qu'aucun n'ait voulu parler publiquement, ils dénoncent la déclaration comme une menace pour leur religion. "Nous pensions que le départ de l'islamiste fondamentaliste, Hassan al-Turabi, aurait aidé le gouvernement a être plus tolérant envers les autres religions, mais il semble que rien n'a changé", a déclaré un instituteur. Un autre instituteur a dit que: "s’ils veulent changer ces écoles en écoles coraniques, ceci est une violation du droit des chrétiens." Le gouverneur de l'Etat de Khartoum, Mazjoub al-Khalifa, a dit que son état "projetait de transformer toutes les écoles (primaires) dans l'état de Khartoum en écoles coraniques pour le début de l'année 2002." Il y a maintenant 420 écoles coraniques dans l'état de Khartoum avec 41 722 élèves. (il y a près de 49.000 enfants dans les écoles pour enfants déplacés dans la banlieue de Khartoum - V.S.) Reuters - Khartoum, 30 décembre 1999
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Veillée
de prière après la libération des 2 prêtres
| Une veillée de prière a eu lieu le 6 décembre
au soir en la cathédrale de Khartoum pour remercier pour la libération
des pères Hilary Boma et Lino Sabit, relâchés par les
autorités locales. Les 2 prêtres étaient présents
au milieu d’une foule de fidèles et de l’archevêque Mgr Gabriel
Zubeir. Le Président Omar Hassan el Béshir a déclaré
que la libération des 2 prêtres avaient été
décidée en vue du Ramadan comme signe de paix. Ces derniers
avaient été arrêtés avec 18 autres personnes
en juillet 1998, tous accusés d’implication dans des attentats à
la dynamite à Khartoum. Les 18 laïcs ont été
relâchés le 7 décembre au matin.
MISNA, 7 décembre 1999
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| Les deux prêtres catholiques, Hilary Boma et Lino Sebit détenus
depuis près de 16 mois à Khartoum n’ont pas l’intention de
bénéficier de l’amnistie accordée ces jours derniers
par le président Omar el Béchir. D’après le service
d’information Misna, les Pères Boma et Sebit sont en fait déterminés
à attendre la décision finale de la Cour de Justice du Nord
du Soudan jusqu’à ce que la lumière soit faite sur les accusations
de terrorisme qui ont conduit à leur arrestation et à leur
détention.
Ils ne veulent quitter la prison qu’après un acquittement total.
Tous les membres de l’Eglise du Soudan, y compris l’Archevêque Gabriel
Zubeir Wako, partagent et approuvent la courageuse décision prise
par les 2 prêtres. Les Eglises protestantes ont également
exprimé leur approbation, ce qui montre la grande solidarité
qui s’est manifestée tout au long de cet épisode qui a commencé
l’été 1998. « La constante persécution des baptisés
au Soudan, (poursuit une source qui désire garder l’anonymat) a
contribué à renforcer les relations entre les différentes
dénominations chrétiennes gardant ainsi très vivant
l’esprit œcuménique.
MISNA, Soudan, 28 novembre 1999
|
Le
Soudan édicterait un décret contre la construction d'églises
dans les bidonvilles
| Mercredi 11 août 1999
Khartoum (Deutsche Presse Agentur) - Aucune église ne sera construite
dans aucune partie de la capitale soudanaise sans l'approbation du gouvernement
si le décret que prépare le ministère de la Planification
Sociale est pris dans quelques jours, selon le quotidien Al-Rai al-Aam
de mercredi.
V.S. Il s'agit de constructions rectangulaires en paille appelées "rakoubas" servant tour à tour d'église, d'école, de dispensaire. Vigilance Soudan espère vivement que les autorités soudanaises auront abandonné cette idée de décret. Elles nous répètent que la liberté de conscience existe au Soudan. Les droits accordés par la Constitution sont-ils absolus ou bien liés à l'agrément des voisins ? La conscience répugne à une mesure prise spécialement pour donner raison aux incendiaires et tort aux incendiés. Ce décret serait applicable à Khartoum. Tous les citoyens ne doivent pas se sentir chez eux dans une capitale fédérale ? |
| Introduction
Le souffle vous a déjà mis au courant de l’expulsion de notre confrère Gilles Poirier du Soudan, le 6 août dernier. Les trois dernières semaines lui ont causé passablement de stress car ces pressions survinrent un an, presque jour pour jour, après la détention de l’abbé Lino Sebit, vicaire de Gilles à Hilla Mayo. Ce jeune prêtre et le chancelier de l’archidiocèse de Khartoum sont d’ailleurs toujours en prison avec une quinzaine d’autres inculpés. La frustration vient aussi du fait que personne dans le gouvernement n’a voulu révéler les motifs de son expulsion et, disons-le entre nous, que la première dénonciation semble être venue de cercles paroissiaux déjà connus. Et pour comble d’ironie, deux entrevues, l’une à un représentant de l’archidiocèse et l’autre au nonce, ont été concédées le 8 août, soit quelques heures après la sortie de Gilles du Soudan : elles n’ont rien apporté. De plus cette même journée, dans une conférence de presse, un représentant du gouvernement a affirmé que Gilles avait déjà .été expulsé de plusieurs autres pays et avait enfreint les lois du Soudan. Enfin, ce même dimanche des musulmans fanatiques ont provoqué les chrétiens dans une paroisse voisine de celle de Gilles, durant la célébration eucharistique, au point où une violente échauffourée s’est engagée entre les deux clans et le tout s’est terminé par quelques arrestations de part et d’autres. Ici à Pont-Viau, Gilles s’est prêté à une conférence de presse pour les confrères, après l’eucharistie dominicale, le 8 août . Il a aussi donné une entrevue avec un journaliste du Journal de Montréal le dimanche après-midi et une conférence de presse à la Maison centrale, le lundi 9 août, où les média avaient été invités. Une page complète a paru lundi dans le Journal de Montréal; Radio Canada, CKAC et TVA en ont parlé et sans doute quelques autres média. Cette nouvelle a aussi été commentée par Radio Vatican. Quelques agences l’ont mentionné sur l'Internet. La Société avait émis un communiqué de presse, déjà publié dans Le souffle. Gilles s’est senti humilié, car il a dû sortir en vitesse de sa paroisse et en plus, dans les derniers moments, un agent de police ne le lâchait pas d’un centimètre et lui a remis son passeport seulement au pied de l’escalier de l’avion. Mais il n’a pas perdu son tempérament calme, ni sa foi profonde ni son désir de retourner là-bas après une année sabbatique qu’il entreprendra au Centre de Spiritualité Manrèse à Québec, un projet qu’il caressait pour septembre de l’an 2000. Il semble que plusieurs des missionnaires expulsés ont pu retourner au bout de quelques années de patience : Magella Coulombe en sait quelque chose! Gilles a été particulièrement sensible aux messages de solidarité reçus, notamment par courrier du Honduras, du Japon, du Chili, de la Chine etc. Vous trouverez quelques documents relatifs à cette affaire, susceptibles de vous faire comprendre un peu mieux la trame des événements.
Le régime de Khartoum expulse un prêtre canadien Khartoum, le 8 août 1999 Des sources de l'Église catholique à Khartoum ont annoncé l'expulsion ce matin de M. l'abbé Gilles Poirier (57 ans), de nationalité canadienne. L'abbé Poirier a travaillé pendant 7 ans dans la paroisse de Hilla Mayo, un bidonville à 10 km de Khartoum. Il fut convoqué le 15 juillet au Département de l'immigration où on lui dit qu'il avait deux semaines pour quitter le pays. Aucune raison ne fut donnée pour son expulsion. Le jour même, le Père Emil Saad Suleiman, représentant l'archevêque de Khartoum demanda de rencontrer les autorités compétentes. Le Père Suleiman écrivit quatre fois au ministre pour la Planification Sociale, M. Hassan Dahoui, mais n'a jamais reçu de réponse. De même, on rapporte que le Nonce Apostolique au Soudan tenta de rencontrer des représentants qualifiés du gouvernement. Une rencontre avait été fixée pour aujourd'hui avec un officier en charge des affaires d'Église. Il est trop tard cependant pour différer l'expulsion de l'abbé Poirier qui, tôt ce matin, a été escorté par la police à l'aéroport de Khartoum et mis sur un avion à destination du Canada. "Ceci est un autre signe que le régime essaie une fois de plus de paralyser l'Église", ce sont les paroles d'un représentant de l'Église qui ne désire pas être nommé. "Le gouvernement prétend qu'il veut dialoguer avec les Églises, mais il fait tout en son pouvoir pour nous faire disparaître." Pour beaucoup à Khartoum ceci est vu comme un autre coup porté à l'Église catholique au Soudan. Durant les dernières années, celle-ci a fait campagne pour la libération de prêtres soudanais, Père Hilary Boma, Père Lino Sebit et 24 autres, accusés par le régime d'être impliqués dans l'explosion d'une série de bombes à Khartoum le 30 juin dernier. Selon le rapport du rapporteur spécial de la Commission pour les droits humains des Nations Unies, tous ces détenus ont été systématiquement torturés dans la prison et trois des accusés qui sont "disparus" sont présumés morts sous la torture. Un représentant de l'Église aurait dit: "Malgré
les déclarations du gouvernement qui se dit ouvert au dialogue,
des événements récents prouvent qu'ils préféreraient
que nous n'existions pas." Des exemples en sont la destruction d'écoles
(rasées par bélier-mécanique), de l'Église,
les efforts continuels des autorités pour confisquer nos écoles,
ainsi que le harcèlement régulier et la détention
de prêtres et de religieux. Un autre membre du clergé soudanais
aurait dit: "Nous, au Soudan, sommes persécutés de tous côtés
et très peu dans le monde extérieur semble s'en soucier."
Lettre du Vicaire général de Khartoum à Gilles Poirier Le 6 août 1999. Cher Père Gilles, J'avais espéré qu'il ne me serait pas nécessaire de t'écrire cette lettre. Quelques heures après ton départ forcé je sens que je dois le faire. Avant toute chose, permets moi de te remercier pour tout le travail que tu as fait dans cet archidiocèse depuis 1992. Tu as fait un travail bon et durable parmi le peuple. Ironiquement, ton départ forcé, ton expulsion, est le vrai signe que tu as été un bon et fidèle ouvrier dans la vigne du Seigneur. Merci aussi au nom de l'Archevêque; s'il avait été ici il t'aurait exprimé des mots et des sentiments d'appréciation mieux que personne ne peut le faire. Merci beaucoup. Le Seigneur a ses propres voies; je suis sûr qu'un jour ou l'autre tu seras de retour au Soudan. L'Église catholique regrette ton expulsion. Nous tenons le gouvernement du Soudan responsable de cette action qui est à la fois abus de pouvoir, discrimination religieuse et atteinte aux droits humains. L'Église catholique de Khartoum tient le gouvernement du Soudan responsable de ne pas avoir présenté aux autorités appropriées les raisons de ton expulsion. Ils ont systématiquement évité les autorités de l'Église, n'ont pas voulu rencontrer le représentant officiel de l'Archevêque et même le Nonce Apostolique qui est le représentant officiel du Pape dans le pays. Nous ne pouvons souffrir plus grande méchanceté; on y ajoute encore de la moquerie: samedi, quelques heures après ton départ de l'aéroport de Khartoum, le ministre de la Planification Sociale recevra le Nonce. On concède aussi au Père Emil Saad Soleiman un rendez-vous avec le Ministre d'État pour les Affaires internes. Tu sais que dans ton cas, le Père Emile Saad, conseillé
et supporté par un groupe de quatre dans la Curie, moi en tête,
a fait tout en son pouvoir pour être reçu par le ministre
de la Planification Sociale et pour rencontrer d'autres autorités
du gouvernement, mais cela n'a servi à rien. Tu sais aussi que le
Nonce Apostolique a essayé; lui non plus n'a pu obtenir de rendez-vous
avec les divers ministres qu'il a essayé de rencontrer et auxquels
il a demandé une entrevue. L'Archidiocèse ne peut blâmer
le P. Emile ni le Nonce de n'avoir pu arrêter ton expulsion. En ajoutant
des heures et des jours de plus, le gouvernement a donné l'impression
que quelque chose pouvait être fait. Mais un gros mur a été
érigé dans toute direction où ils essayaient d'aller.
J'espère que tu as eu un bon voyage, sans accident. Je suis sûr que tu as eu le temps de verser quelques tristes larmes. Prie pour nous. Tu connais la situation où nous nous trouvons. Le combat n'est pas fini. La prochaine tempête sera au sujet de nos écoles: ce que nous craignons, c'est que les enfants perdent une occasion de recevoir le type d'éducation que leurs parents souhaitent. Meilleurs vœux. Fr. John Ramanzini,
Lettre du Supérieur Général Le 7 août 1999.
Mon cher Gilles, Sois le bienvenu chez toi, au moment où tu vis une expérience traumatisante, celle d’être expulsé du pays pour lequel tu as donné de belles années depuis 1991. On dit que ceux qui se sont fait refuser l’hospitalité peuvent en arriver ou bien à se croire coupables de crimes inconnus ou bien à développer une agressivité face au peuple qui les avait accueillis. Pour ma part, ayant vécu l’expérience soudanaise avec toi, je crois à un autre scénario. Je prie en tout cas pour que tu vives ce drame, non sans pleur mais avec foi et sérénité. Quand les gens me demandent de quoi tu es accusé, ou de quoi tu es coupable, je dis que tu es coupable d’Évangile. Que tu es coupable de compassion pour un peuple martyrisé, particulièrement pour ses deux millions de déplacés autour de la capitale. Que tu es coupable de solidarité avec les leaders de l’Église à Khartoum, et particulièrement avec le clergé soudanais. Ton vicaire Lino, un autre prêtre et une vingtaine de chrétiens ne sont-ils pas prisonniers depuis un an sans qu’on ait réussi à les convaincre des crimes dont on les accuse? Tu partages maintenant l’injustice qui leur est faite en étant toi-même expulsé. “ Ils ont alors produit de faux témoins… Ils se bouchèrent les oreilles… Ils le poussèrent hors de la ville ” J’apprécie particulièrement que le Vicaire général de Khartoum, mon ami le Père John Ramanzini, ait appliqué ces textes du martyre d’Étienne à la situation que tu vis présentement. Combien de fois avons-nous répété que l’Église soudanaise revit les Actes des Apôtres! L’année sabbatique que tu avais prévue pour l’an prochain se trouve devancée malgré ta volonté. Tu en profiteras sûrement, d’autant plus que les dernières semaines auront été particulièrement éprouvantes pour toi. La mission de Dieu continue au Soudan. Ta mission à toi continue aussi… Nous verrons sous quelle forme. Un retour possible n’est même pas exclu. Dieu a ses voies. Roland Laneuville, p.m.é.,
Le Saint Siège dénonce la persécution religieuse au Soudan Mgr Lukudu : l'oppression est une semence de nouveaux chrétiens Cité du Vatican, 13 août - Les autorités soudanaises ont expulsé le missionnaire Gilles Poirier, sans aucune explication. C'est ce qu'a annoncé le sous-directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, le Père Ciro Benedettini. Le prêtre canadien, des Missions Étrangères du Québec, exerçait son ministère au Soudan depuis sept ans, parmi les réfugiés de la banlieue de la capitale, Khartoum. La hiérarchie locale et le Nonce Apostolique au Soudan ont demandé des explications mais "aucune explication sur les raisons de cette mesure aussi grave n'a pu être obtenue des autorités", souligne une note officielle de la Salle de Presse du Saint-Siège. Persécution ouverte
Islamisation
Semence de martyrs
Lettre du Supérieur Général au Ministre Lloyd Axworthy Le 9 août 1999.
Objet : expulsion d’un missionnaire canadien du Soudan. Monsieur le ministre, Le but de cette lettre est de vous communiquer que M. Gilles Poirier, p.m.é., de la Société des Missions Étrangères du Québec a été expulsé de Khartoum vendredi le 6 août par les autorités gouvernementales soudanaises. Ce membre de notre Société, âgé de 57 ans, travaillait au Soudan depuis juin 1992 pour l’Archidiocèse de Khartoum. Son ministère s’exerçait dans un quartier défavorisé de Hilla Mayo, particulièrement auprès des populations sudistes déplacées par la guerre qui sévit au Soudan depuis 1983. C’est samedi le 17 juillet dernier qu’il a été convoqué au Ministère de l’Immigration et qu’on l'a sommé de quitter le pays dans les 15 jours suivants. Accompagné du représentant officiel de l’Église catholique, il a visité différents ministères, y inclus celui qui s’occupe des affaires religieuses, pour s’enquérir des raisons de ce décret. On lui a immanquablement répondu qu’on ne faisait qu’exécuter des ordres émanant d’autres sources. Le Nonce apostolique, représentant le Vatican, n’a pu obtenir d’autre explication. L’Ambassade de Hollande, représentant le Canada, s’est bien assurée qu’on traitait M. Poirier avec égard, ce pour quoi nous sommes reconnaissants. Cependant M. Poirier n’a pu obtenir du personnel diplomatique qu’ils fassent pression pour obtenir les raisons de son expulsion, laquelle s’est finalement effectuée le 6 août dernier, alors qu’il a été escorté par la police jusqu’au pied de l’avion. La Société des Missions-Étrangères demande respectueusement au gouvernement du Canada de faire tout son possible afin de connaître les raisons de cette expulsion. Ceci pourrait avoir pour effet de permettre un éventuel retour de M. Poirier au Soudan et de protéger tous les autres missionnaires étrangers ainsi que les autres citoyens canadiens qui travaillent au Soudan. Par la même occasion cela inciterait les autorités soudanaises à plus de respect pour les droits humains de tous, citoyens et étrangers. Je vous remercie à l’avance de votre collaboration qui confirmerait le rôle du Canada dans la promotion de la justice internationale. Bien à vous, Roland Laneuville, p.m.é.,
Dernière heure - Le gouvernement canadien demande des explications au gouvernement soudanais. Khartoum, Soudan (Reuter)
NDLR: Roland Laneuville, Gilles Poirier et Jean Greffard rencontrent aujourd'hui à Ottawa, un représentant du Ministère des Affaires extérieures à ce sujet. |