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Derniéres nouvelles


Sud-Soudan : Plus de 50 bombardements en deux mois - 11- 01 - 2001

Les Evêques Catholiques des Etats-Unis : Le cri du SOUDAN pour la PAIX ! - 14-11-2000

Les évêques soudanais dénoncent l’indifférence internationale - 18 -10- 2000

Nouvelles du 12 au 19 septembre 2000

Nouvelles du 20 juillet au 29 août 2000

Un évêque grec assassiné à Khartoum

"La communauté internationale ne peut abandonner les civils Sud Soudanais"

Le chef de la diplomatie soudanaise au Vatican

Les évêques anglophones et francophone de l’Afrique veulent travailler ensemble

Khartoum : La vie de l’Eglise catholique est de plus en plus difficile

Evêque de Rumbek : Mon peuple vit dans la terreur des bombes

Appel de l'archevêque de Canterbury au Soudan à la tolérance

Appel aux conférences épiscopales des pays du Nord

Centenaire de la première messe après le révolution Mahdiste

Le Soudan va transformer les écoles primaires en écoles coraniques

Veillée de prière après la libération des 2 prêtres

Les Pères Boma et Sebit  veulent rester en prison

Le Soudan édicterait un décret contre la construction d'églises dans les bidonvilles

Expulsion de Gilles Poirier, P.M.É.(prêtre des missions étrangères du Québec), du Soudan
 



Sud-Soudan : Plus de 50 bombardements en deux mois
 
Au cours des deux derniers mois de l'an 2000, l'aviation de Khartoum a commis plus de 50 bombardements dans le sud du Soudan, tuant plus de 47 personnes, majoritairement des civils. C'est le tragique bilan divulgué aujourd'hui par l'association Sudan Focal Point basée à Nairobi (Kenya). La région la plus ciblée par les avions gouvernementaux a été celle de l'Equateur, avec plus de 20 bombardements. Lors de l'un des derniers raids, lancé sur la ville de Lui, 2 personnes ont été tuées et la cathédrale de l'Eglise épiscopale locale a été détruite. On a en revanche enregistré 7 à 8 incursions aussi bien dans le Bahr el Ghazal que dans le Blue Nile du Sud. Des attaques sporadiques ont en revanche été menées dans le Haut Nil et dans le Kordofan méridional. Hier en outre, on a dénoncé un raid lancé par des pro-gouvernementaux à Mariel Bail (Bahr el Ghazal), soldé par 11 morts et 120 kidnappés, femmes et enfants pour la plupart. La responsabilité des faits a été attribuée aux Forces populaires de défense mais la dynamique fait plutôt penser à une incursion typique des Baqqara, éleveurs semi-nomades de souche arabe. Le gouvernement de Khartoum fournit à ces tribus islamiques des véhicules et des armes automatiques, leur concédant une sorte de "permis corsaire" et leur permettant de piller les villages des groupes ethniques subsahariens, tels que les Dinka. Dans le passé cependant, les Baqqara pillaient et enlevaient les femmes et les enfants en évitant les effusions de sang. 
(MISNA, Italie,  11 JAN 2001) 

 
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Les Evêques Catholiques des Etats-Unis : Le cri du SOUDAN pour la PAIX !
 
Le 14 novembre 2000

La cruelle guerre civile qui déchire le Soudan continue, sans donner le moindre signe que la fin du conflit se dessine à l’horizon. Cette tragédie humaine, l’une des pires de notre temps, se déroule sous nos yeux dans l’indifférence presque totale de la communauté internationale.

Au cours des 17 dernières années, plus de deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont morts de façon tragique, et plus de quatre millions ont été chassés de chez eux et de leur terre ancestrale. Cette guerre est alimentée et perpétuée par des hommes qui s’acharnent à poursuivre des buts politiques et financiers au détriment des populations locales qui y perdent leur vie et leurs droits les plus élémentaires, et en particulier à cause de leur foi. Un gouvernement qui ne représente pas le peuple du Soudan s’est lancé, dans le Sud et l’Est du pays, dans une campagne de terreur systématique   contre les chrétiens, contre les animistes (ceux et celles qui pratiquent les cultes traditionnels africains), et contre les populations qui ne sont pas d’origine arabe, tandis que, dans le Nord, il a fait détruire les lieux de culte chrétien et a réduit au silence, avec brutalité, les voix de l’opposition.

Les Evêques du Soudan sont unanimes à admettre que, des deux côtés, les belligérants se sont rendus coupables d’atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine et cette remarque concerne aussi le Mouvement et l’Armée de Libération du Peuple Soudanais (MLPS/A). Mais c’est le Gouvernement soudanais qui porte la plus grande responsabilité des abus contre les populations civiles. Esclavage, torture, exécutions, persécution religieuse, lois discriminatoires, restrictions totalement injustifiées et injustifiables imposées à l’aide aux populations menacées de famine, bombardements sans discernement d’églises, d’hôpitaux et d’écoles, destruction et expropriation systématiques de propriétés et de ressources: telles sont quelques-unes des horreurs perpétrées contre les populations du Soudan. Ces horreurs n’ont fait que s’aggraver dans les derniers mois.

Le Gouvernement de Khartoum, renforcé dans sa détermination de poursuivre ses buts par l’augmentation considérable de ses ressources grâce au pétrole, semble engagé dans une politique de renforcement de sa puissance militaire dans l’espoir de venir à bout de ses opposants par la seule force des armes. Dans le même temps, les succès militaires récents remportés par le MLPS/A dans le Sud ont donné au gouvernement de Khartoum une raison de plus d’intensifier la lutte sur les champs de bataille. Aucune solution satisfaisante du conflit ne pourra jamais être obtenue par la seule force des armes. Le but recherché - la paix - ne pourra être atteint que par des négociations en vue d’arriver à une solution politique du conflit, et non par la violence et la guerre.

Le processus de paix promu par l’Autorité Intergouvernemental sur le Développement (IGAD) mérite l’appui de tous en dépit de ses défis  particuliers et de sa  complexité, car c’est le seul moyen viable d’arriver à une paix juste et durable. Nous nous unissons aux Evêques du Soudan pour encourager notre  gouvernement  à faire cause commune avec ceux et celles qui se sont engagés dans ce processus de paix et à user de son influence pour arriver à une paix fondée sur la justice en forçant les belligérants à se conformer à la Déclaration de Principes à laquelle ils se sont déjà tous ralliés et à la mettre en pratique. Des efforts devraient être faits pour que l’accès à ce processus de paix soit aussi ouvert à des membres représentatifs de la société civile, en vue de mieux s’assurer que les aspirations du peuple soudanais sont vraiment prises en considération.

Comme on fait de nouveaux efforts pour faire revivre le processus de paix, il faut aussi que les belligérants fassent de leur côté des efforts pour éviter tout ce qui pourrait envenimer la situation et augmenter les souffrances des populations soudanaises, déjà très vulnérables. Tous les partis engagés dans ce conflit, mais plus particulièrement le Gouvernement de Khartoum, doivent cesser d’utiliser la distribution de denrées alimentaires comme une arme de guerre. La communauté internationale doit faire pression sur le Gouvernement Soudanais pour que l’aide humanitaire atteigne les populations les plus vulnérables où qu’elles se trouvent. 

Nous partageons la crainte des Evêques soudanais que les nouveaux revenus du pétrole ne vont pas être utilisés pour le bien du peuple soudanais. Les Evêques sont convaincus que ces revenus vont servir à poursuivre les hostilités plutôt qu’à hâter la venue de la paix. Nous faisons appel à toux ceux qui sont concernés dans ce problème, et plus particulièrement les compagnies pétrolières engagées dans les recherches et l’exploitation des champs pétrolifères au Soudan, d’utiliser leur influence pour la promotion des droits humains essentiels et la distribution équitable des bénéfices en provenance des richesses pétrolières du pays pour le bien de tous.

En tant qu’Evêques de l’Eglise Catholique, nous cherchons à resserrer les liens de solidarité avec l’Eglise souffrante soudanaise and le peuple soudanais en général. Nous demandons aux Catholiques des Etats-Unis et à tous les hommes de bonne volonté dans notre pays de s’unir à nous dans nos efforts pour trouver des voies plus concrètes et plus effectives d’agir en solidarité avec l’Eglise du Soudan qui essaye par tous les moyens de promouvoir la paix dans le pays, une paix qui semble hélas ! encore bien éloignée. 

La voie la plus pratique pour nous d’aide concrète est encore et toujours les Services du Secours Catholique déjà à pied d’œuvre, non seulement pour apporter des secours urgents aux personnes déplacées et autres victimes du conflit, mais aussi pour aider les victimes à rebâtir leur vies et leurs communautés à partir des ruines que ce conflit a laissées derrière lui. De plus nous devons payer plus grande attention aux efforts qui sont faits à la base en vue de renforcer le rôle de la société civile dans la solution à apporter au conflit, plus spécifiquement les initiatives de paix entreprises par les organisations religieuses du Soudan. L’Eglise a besoin de l’assistance d’un plus grand nombre de missionnaires, spécialement  dans les régions où l’Eglise se doit de faire face à de sévères difficultés, et où les Evêques se voient refuser le droit de prendre contact avec les hommes et les femmes qui relèvent de leur ministère.

On ne peut plus tolérer que la violence et la répression continuent à sévir au Soudan. Les chefs politiques et militaires du Soudan doivent abandonner le chemin d’intolérance et de répression qu’ils sont en train de suivre, et qui n’a conduit jusqu’à maintenant qu’à la mort et à la destruction. Ils doivent s’engager sur une nouvelle voie, le chemin de la liberté, de la justice et de la paix, auxquelles leur peuple aspire si ardemment. Notre gouvernement  , et les autres pays membres de la communauté internationale, doivent être prêts en permanence – pour citer les propres termes des Evêques Soudanais – «à sauver tout un peuple d’un génocide en préparation ». La communauté internationale peut certainement faire beaucoup plus qu’elle ne l’a fait jusqu’à maintenant pour aider le peuple du Soudan à mettre un terme à cette horrible guerre fratricide. Il n’est certes pas facile d’imposer la paix au belligérants, mais c’est possible, et c’est le seul chemin pour aller de l’avant. 

Nous devons prier pour le peuple du Soudan. Notre solidarité spirituelle est indispensable aux hommes et femmes du Soudan qui n’ont pas perdu l’espoir, en dépit de tout, que leurs efforts pour la promotion d’une paix juste porteront un jour des fruits abondants. Tournons-nous vers Ste Bakhita Joséphine, cette fille du Soudan qui fut délivrée de l’esclavage et de ses conséquences inhumaines, pour lui demander d’intercéder auprès de Dieu afin que sa terre natale le Soudan connaisse enfin la paix.

Bureau du Développement Social et de la Promotion de la Paix Universelle
Conférence Nationale des Evêques Catholiques – United States Catholic Conference 3211 Fourth Street, N.E., Washington, DC 20017-1194 (202) 541-3000. 


 
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Les évêques soudanais dénoncent l’indifférence internationale
 
Réunie en Italie, la Conférence des évêques du Soudan a demandé l’intervention des Nations Unies pour enrayer une guerre qui dure depuis dix-sept ans.

« Nous sommes dans une situation de guerre qui dure depuis dix sept ans, une guerre qui a fait plus de deux millions de morts et quatre millions de personnes déplacées, une guerre qui met en danger des populations entières à cause de la famine et des maladies. Que va devenir le Soudan? Quelles traces va laisser ce conflit sur la psychologie et la mémoire de tout un peuple? Nous sommes surpris que tout cela ne semble pas être un problème au yeux de la communauté internationale »
Assis dans le jardin d'une institution religieuse romaine, Mgr Gabriel Zubeir Wako dit ces mots avec un calme qui rend son propos encore plus impressionnant. Archevêque de la capitale, Khartoum, depuis 1981, cet homme de 59 ans est venu en Italie pour deux raisons: concélébrer avec Jean Paul II la canonisation, dimanche 1er octobre, de Joséphine Bakhita, la première sainte soudanaise*, et participer à une assemblée de la Conférence épiscopale de son pays.
Car les évêques soudanais ne peuvent se réunir chez eux à cause de l'interminable guerre qui coupe le pays en deux. Au Nord, dont la population est principalement arabe et musulmane, siège un pouvoir islamiste. Son armée combat, sans pitié pour les populations civiles, l'insurrection sécessionniste du Sud, dont la population est noire et où cohabitent chrétiens et adeptes des religions traditionnelles.

La découverte de gisements pétroliers dans le Sud accroît encore les tensions
«Si la communauté internationale croit vraiment au principe de défense de la dignité humaine qu'elle affiche, elle devrait se montrer plus ferme avec les gouvernements qui oppressent leurs populations. Jusqu'où va la souveraineté d'un Etat? Jusqu'à détruire son propre peuple?» s'interroge Mgr Zubeir Wako. Placé en première ligne face au gouvernement de Khartoum, l'archevêque ne veut pas entrer dans le détail de ce que les acteurs internationaux devraient faire : «S'ils voulaient vraiment stopper cette guerre, ils le feraient et ils sauraient comment faire».
Cependant, lors de leur assemblée, les évêques soudanais ont formulé collectivement des requêtes: que les Nations unies s'impliquent dans la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu et garantissent une interdiction des vols militaires vers le Sud, ces derniers mois ayant été marqués par des bombardements indiscriminés qui ont durement touché les populations civiles.
Les évêques ont voulu également attirer l’attention sur une dimension nouvelle du conflit. La volonté du régime soudanais d'anéantir la rébellion sudiste a été renforcée par la récente découverte de gisements pétroliers dans le Sud du pays, gisements qui susciteraient la convoitise de puissants intérêts économiques. «Il semble qu'à cause de cela, certains pays, y compris européens, commencent à se rapprocher du gouvernement soudanais », estime Mgr Zubeir Wako.
Les conséquences du conflit se font sentir directement dans l'agglomération de Khartoum par la présence de plus d'un million de personnes déplacées qui survivent au jour le jour dans de grandes difficultés. La communauté catholique de la capitale est mobilisée pour les aider, mais son action est entravée par les autorités. « Nous avons les plus grandes difficultés, explique l'archevêque, pour que nous soit reconnue la propriété des terrains nécessaires à la vie des communautés. Jusqu'à la fin de l'année dernière, nous avons subi une politique de démolition de nos installations. Ces derniers mois, cette politique n'a pas été mise en oeuvre mais nous avons vécu sous cette menace continuelle». Autre problème: les entraves mises par l'administration à la présence de missionnaires étrangers.

« Juste avant le Jubilé, nous avons publié une déclaration appelant au pardon »

Mgr Zubeir Wako veut cependant souligner des signes d'espoir: «La célébration du Jubilé a vraiment mis en mouvement les fidèles. Tout le monde a été surpris par l'affluence dans les rassemblements». Laissant entendre que cela a peut être déplu aux autorités, l'archevêque souligne: «A la lumière du Jubilé, il y a des choses qui doivent être proclamées très fortement. Si Dieu aime tant les hommes qu'il a envoyé son propre fils mourir pour nous, tout homme doit être respecté. Mais nous ne l'avons pas proclamé avec colère ou ressentiment. Au contraire: juste avant le Jubilé, nous avons publié une déclaration appelant au pardon, demandant le pardon et offrant le pardon à tous».
Autre lumière aux yeux de Mgr Zubeir Vako, la canonisation de Joséphine Bakhita. «A travers elle, Dieu dit à tout le peuple soudanais «Je suis avec vous dans la peine, comme J'ai été avec elle. A travers cette femme, Dieu dit à toutes les Soudanaises qui ont perdu un enfant ou un mari: vous avez de la valeur à mes yeux. Bakhita nous appelle au pardon, elle qui avait pardonné à ceux qui l'avait mise en esclavage. Et cette femme originaire du nord-ouest du Soudan, vénérée par les Soudanais du Sud. peut devenir le symbole d'un pays plus uni, :d’une communauté plus aimante ».'

* Bakhita, la première sainte soudanaise
Canonisée par Jean Paul II le 1er octobre dernier, Bakhita naquit en 1869 dans une famille paysanne de l’Ouest du Soudan. En 1876, elle fut enlevée par des pourvoyeurs de marchands d’esclaves et fut vendue à plusieurs reprises. En 1882, un général turc la céda à un consul italien qui la traita avec humanité et l’emmena avec lui en Italie en 1885. Devenue servante dans une famille vénitienne, elle demanda le baptême qu’elle reçut en 1990 sous le nom de Joséphine. En 1893, elle devint religieuse canossienne et le demeura jusqu’à sa mort en 1943, dans un couvent de Vénétie. Elle fut béatifiée par Jean Paul II le 17 mai 1992.

Guillaume Goubert
La Croix , Rome, 18 octobre 2000 

 
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Nouvelles du 12 au 19 septembre 2000
Missionnaire catholique forcé de quitter le pays
Khartoum : Manifestation de femmes réprimée
La SPLA annonce la prise de trois zones pétrolières
Missionnaire catholique forcé de quitter le pays 

Le Ministère de l’Intérieur de la République du Soudan a fait savoir au Père John Binette, missionnaire catholique canadien de Société des Missions Etrangères du Québec (PME) que son permis de séjour avait été révoqué et qu’il devait quitter le pays pour des « raisons de sécurité ». Père Binette, responsable du bureau national des Oeuvres Pontificales Missionnaires à la Conférence épiscopale du Soudan (SCBC) a une semaine pour faire ses valises. C’est le second missionnaire canadien, après Père Gilles Poirier, à être expulsé par le gouvernement islamiste de Khartoum en un an. Des sources bien informées de l’agence MISNA révèlent que d’autres missionnaires, hommes et femmes, sont déjà sur la liste de ceux à qui le gouvernement de Khartoum a décidé de retirer le permis de séjour. Cette attitude est en nette contradiction avec la campagne d’ouverture que le gouvernement tente de mener afin de reconquérir la crédibilité de la communauté internationale. 

(MISNA, Italie, 15-09-2000)
Khartoum : Manifestation de femmes réprimée 

Trois femmes blessées et vingt-six arrêtées: c'est par ce bilan que s'est conclue une manifestation organisée lundi dernier à Khartoum pour protester contre le récent décret du gouverneur de la ville, interdisant aux femmes de travailler en lieux publics (restaurants, stations services, bars, hôtels). Les manifestantes défilaient pacifiquement au nom des associations féminines et des groupes de la société civile quand des agents de police les ont agressées avec des bâtons et des gaz lacrymogènes. Les 26 interpellées n'ont pu être relâchées qu'après intervention de l'avocat Ghazi Suleiman, leader de la coalition nationale pour la restauration de la démocratie. Le décret contre le travail des femmes dans les lieux publics a été vivement contesté par les organisations soudanaises de défense des droits de l'homme et des femmes, qui ont fait appel devant la Cour constitutionnelle pour inconstitutionnalité. Samedi dernier, la Cour a suspendu l'exécution du décret. 

(MISNA, Italie, 13-09-2000)
La SPLA annonce la prise de trois zones pétrolières 

L'Armée populaire de Libération du Soudan (Spla) a fait savoir qu'elle avait conquis trois zones pétrolières dans la région de Banjio(centre-sud du Soudan). Cette nouvelle n'a été confirmée par aucune source indépendante. Selon les propos d'un porte-parole des rebelles à Asmara (Erythrée), le Spla a pris possession de trois zones proches de Heglig, d'où part l'oléoduc qui amène le pétrole à Port Soudan.

(MISNA, Italie, 12-09-2000)

 
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Nouvelles du 20 juillet au 29 août 2000
Les évêques sollicitent des couloirs humanitaires et des aires interdites aux vols aériens
"Une décision politique pour mettre fin aux bombardements du Sud Soudan »
Evêque de Rumbek : “Nous avons besoin de casques bleus”
Narus et Maiwut : Bombardements aériens contre des objectifs civils
75 Soudanais à Rome et 10.000 à Khartoum pour les Journées Mondiales de la Jeunesse
Un évêque grec assassiné à Khartoum
"La communauté internationale ne peut abandonner les civils Sud Soudanais"
Le chef de la diplomatie soudanaise au Vatican
Les évêques anglophones et francophone de l’Afrique veulent travailler ensemble
Khartoum : La vie de l’Eglise catholique est de plus en plus difficile
Evêque de Rumbek : Mon peuple vit dans la terreur des bombes
Les évêques sollicitent des couloirs humanitaires et des aires interdites aux vols aériens 

Il faut tout de suite instituer des couloirs humanitaires et des aires d'interdiction de vols aériens ("no fly zones") et le gouvernement soudanais doit consentir la libre circulation des aides humanitaires pour la population du Soudan méridional. C'est ce que la Conférence épiscopale catholique soudanaise a officiellement demandé dans un document exprimant sa profonde inquiétude au sujet des bombardements du gouvernement de Khartoum sur des objectifs civils. 
La Conférence veut favoriser les activités humanitaires au Sud du Soudan, sur les montagnes Nuba et sur le Nil Bleu. La Conférence estime que la reconnaissance des opérations humanitaires par le gouvernement, y compris celles qui ne font pas partie de l'"Operation Lifeline Sudan" ou qui ne sont pas menées par les Eglises, est déterminante. La Conférence demande en outre à ce que toutes les nations et les multinationales interrompent immédiatement leurs activités relatives à l'extraction de pétrole au Soudan parce que la majorité des profits sont utilisés pour la poursuite de la guerre, qui anéantira inévitablement les peuples du Sud du Soudan, des Montagnes Nuba et du Nil Bleu. 

(MISNA, Italie, 29-08-2000).
"Une décision politique pour mettre fin aux bombardements du Sud Soudan"

"Bien plus qu'une intervention militaire internationale, c'est une prise de décision politique claire qui semble nécessaire pour l'avenir du Soudan". C'est ce qu'a déclaré à l'agence MISNA le Père John Antonini, porte-parole des missionnaires comboniens à Rome (Italie). Depuis quelques jours, l'évêque du diocèse catholique de Rumbek (Soudan méridional), Mgr Cesare Mazzolari, se prononce en faveur de l'intervention d'une force de paix de l'Onu. Selon Père Antonini, la requête de Mgr Mazzolari et "la réaction la plus logique et la plus immédiate qui fait suite au dernier bombardement intentionnel et délibéré sur la population civile" mais, ajoute-t-il, "le Soudan est extrêmement vaste et les zones que les casques bleus devraient contrôler exigeraient énormément d'hommes et de moyens pendant des années". Selon Mgr Mazzolari, les bombardements pourraient continuer à outrance. Les incursions aériennes de l'aviation de Khartoum ne sont pas occasionnelles, mais répondent à un objectif gouvernemental bien
précis, celui de reprendre le contrôle des richesses pétrolières présentes dans le sous-sol du Sud-Soudan. Jusqu'à présent, les Nations Unies ont beaucoup investi sur le plan humanitaire, mais elles n'ont jamais pris de décision politique de poids. L'envoi d'un contingent d'imposition de la paix entre l'Armée de Libération Populaire du Soudan (Spla) et les forces gouvernementales semble cependant difficilement réalisable, d'une part à cause du coût élevé de l'opération, de l'autre parce qu'il serait quasiment impossible de trouver, parmi les milices antigouvernementales, un unique interlocuteur avec lequel négocier un cessez-le-feu. Les régions du Soudan méridional sont de véritables baronnies où les seigneurs de la guerre ne s'intéressent qu'à leur propre survie sans se soucier du besoin d'une autorité centrale. 

(MISNA, Italie, 24 août 2000)
Evêque de Rumbek : “Nous avons besoin de casques bleus” 

"Ces bombardements continueront à outrance tant que les Nations Unies ne placeront pas un contingent d'interposition entre les forces gouvernementales et les milices du Spla (Armée de Libération Populaire du Soudan). C'est la seule voie d'issue". C'est ce qu'a déclaré à l'agence MISNA Mgr Cesare Mazzolari, évêque du diocèse catholique de Rumbek (Soudan méridional), après les nouveaux bombardements dans le sud du pays. L'attaque d'un Antonov gouvernemental sur Narus, à l'est de l'Equateur, a fait deux morts et plusieurs blessés samedi dernier. Le second raid de l'aviation soudanaise, qui n'a heureusement pas fait de victimes, a eu lieu dimanche à Maiwut, dans le Haut Nil. "Je lance un appel afin que la communauté internationale condamne cette guerre contre les civils" a poursuivi le religieux italien. Les vols humanitaires de l'Onu ont repris régulièrement après leur interruption de quelques jours due aux bombardements de l'aéronautique militaire de Khartoum contre Mapel et Tonj, deux localités du Bahr el Ghazal (Soudan méridional). Les bombes avaient touché un centre onusien de tri des déplacés ainsi que la mission catholique. Au sud du Soudan, la guerre entre le Spla et les forces armées gouvernementales, qui fait rage depuis 1983, a déjà causé la mort de 2 millions de personnes, dont une majorité de civils. 

(MISNA, Italie, 22-08-2000)
Narus et Maiwut : Bombardements aériens contre des objectifs civils 

Deux personnes ont été tuées et d'autres blessées dans un bombardement de l'aviation soudanaise à Narus, à l'est de l'Equateur. C'est ce qu'ont rapporté des sources de l'agence MISNA en précisant que le raid avait eu lieu samedi dernier à 11 h 30, heure locale, prenant de panique la population. "L'Antonov gouvernemental a largué six bombes" a déclaré un témoin oculaire. Avant-hier, à Maiwut, dans le Haut Nil, l'aviation soudanaise a à nouveau bombardé. Les 14 missiles n'ont fait aucune victime mais l'un d'entre eux est tombé à 200 mètres de la cour de l'Irc (International Rescue Committee, un organisme de secours international). Le bureau de presse catholique soudanais, le Scio, a confirmé les faits et a exprimé la consternation des communautés chrétiennes soudanaises face à ces deux incursions contre des civils.

(MISNA, Italie, 22-08-2000)
75 Soudanais à Rome et 10.000 à Khartoum pour les Journées Mondiales de la Jeunesse 

Le jubilé des jeunes a été vécu avec un véritable enthousiasme au Soudan. Alors que du 15 au 20 août, 75 Soudanais se sont rendus à Rome pour la 15ème Journée Mondiale de la Jeunesse, 10.000 autres jeunes ont participé aux célébrations dans la capitale du pays africain, Khartoum. Elles ont débuté le jour de l'Assomption par une messe dans la cour du "Comboni College", ont continué par une journée de pénitence le 18 août, puis le 19, la procession est partie du "Comboni College" jusqu'à la cathédrale. Dix mille jeunes ont marché en se tenant la main, en priant, en chantant et en observant des moments de silence. C'est la première fois qu'une chose de ce genre se produisait à Khartoum. Dans un pays musulman, les manifestations religieuses publiques sont en effet interdites. Les JMJ de Khartoum ont été un véritable succès. 

(MISNA, Italie, 21-08-2000)
Un évêque grec assassiné à Khartoum 

Un évêque de confession grecque-orthodoxe, Mgr Titos Karatzalis, de nationalité grecque, a été assassiné lundi soir à son domicile de Khartoum, a annoncé mercredi l'ambassadeur de Grèce au Soudan. 
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'évêque, qui était âgé de 69 ans, a été poignardé par un ou plusieurs voleurs alors qu'il se trouvait seul dans sa résidence, et l'assassinat n'aurait pas d'implication religieuse ou politique, a précisé à l'AFP l'ambassadeur de Grèce, George Vallindes. 
"La police poursuit son enquête, mais il ne s'agit pas a priori d'une affaire religieuse ou politique", a par ailleurs confirmé à Alexandrie (Egypte) un porte parole du Patriarcat d'Alexandrie, qui a autorité sur toute l'Afrique, et dont dépend l'évêque assassiné. 
Ce porte parole a précisé que Mgr Karatzalis avait été muté il y a quatre ans d'Alexandrie dans la capitale soudanaise. Le ou les auteurs de l'assassinat n'avaient pas été arrêtés mercredi matin, a-t-il ajouté. 
Le corps de l'évêque se trouvait mercredi dans un hôpital de Khartoum pour y être examiné, et devait être transporté dans les prochains jours à Athènes, selon l'ambassadeur grec à Khartoum. 

(A.F.P. –B.Q.A. n°15757 du 3 août 2000)
"La communauté internationale ne peut abandonner les civils Sud Soudanais"

"Ces bombardements sont véritablement sans précédent!". C'est le cri de douleur lancé ce matin à l'agence MISNA par Mgr Cesare Mazzolari, évêque de Rumbek (Soudan méridional), italien, 63 ans, Le religieux a été contacté par téléphone à Lokichokio (Nord du Kenya), où il attend de pouvoir regagner son diocèse après que l'aviation de Khartoum ait lancé des raids, ce week-end, sur les objectifs civils des régions de Bahr el Ghazal, du Haut Nil, et de l'Equateur Occidental. Parmi les localités touchées, on signale Wuncok, Nyamlell, Yei, Shambe et Adior. "Actuellement, les civils qui se déplacent à cause des bombardements – poursuit l'évêque – sont 1,7 millions mais ils pourraient passer à 5 ou 6 millions si les combats armés dans la zone ne cessent pas". "Les conditions des déplacés prennent une tournure dramatique à cause des averses diluviennes. C'est la saison des pluies et les gens sont privés de couvertures, de revêtements de plastique et de protections contre les moustiques". "La communauté internationale ne doit pas ignorer cette urgence – souligne Mgr Mazzolari – et les organisations de secours ne doivent pas se retirer si elles ne veulent pas contribuer à une catastrophe humanitaire". Mgr Mazzolari lance cet appel conscient que les agences et les organisations d'aide sont une cible importante des bombardements effectués par l'armée de Khartoum. Le gouvernement nord-soudanais a en effet l'intention de d'interrompre les ravitaillements destinés aux rebelles du Spla (Armée de Libération Populaire du Soudan) rendus possibles grâce aux vols des organisations humanitaires œuvrant dans le Soudan méridional.
L'offensive gouvernementale a été déclenchée suite à une série de victoires militaires des rebelles. Au cours des dernières semaines, en effet, le Spla a pris le centre de Maaban (au Nord de Malakal) dans le Haut Nil, et la petite ville de Gogrial et deux ponts de la région de Bahr el Ghazal, se rapprochant ainsi du chef-lieu, Wau. 

(MISNA, Italie, 31-07-2000 )
Le chef de la diplomatie soudanaise au Vatican 
Le chef de la diplomatie soudanaise, Moustafa Osmane Ismaïl s'est entretenu mercredi au Vatican avec son homologue au Saint Siège, Mgr Jean-Louis Tauran, des perspectives de paix et de la place des catholiques au Soudan, a annoncé le Vatican. 
"Le ministre soudanais a fait part des derniers développements politiques visant à introduire le multipartisme et un système fédéral pour pouvoir mettre fin au conflit qui déchire le sud Soudan depuis de longues années", a indiqué le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro Valls, dans un communiqué. 
Au cours de l'entretien les deux hommes ont également évoqué la situation de l'Eglise catholique au Soudan et examiné "les moyens d'améliorer les conditions de vie de la communauté catholique" pour lui permettre "de participer plus activement au développement de la société soudanaise". 
Le Sud Soudan dont les populations sont à majorité chrétiennes et animistes est en proie à une guerre civile depuis 1983 contre le pouvoir central nordiste et musulman de Karthoum. 
(A.F.P. – B.Q.A. n°15752 du 27 juillet 2000)
Les évêques anglophones et francophone de l’Afrique veulent travailler ensemble 

Les évêques anglophones et francophones de l'Afrique occidentale ont le désir grandissant de travailler ensemble et de mettre en pratique le synode africain selon lequel l'Eglise est la "famille de Dieu". Les évêques sont tous d'accord, notamment parce qu'ils ont les mêmes problèmes pastoraux. "Construire l'Eglise Famille de Dieu en Afrique Occidentale: défis et ressources à la veille du IIIème millénaire" est le titre de la première rencontre plénière des deux conférences épiscopales régionales de l'Afrique Occidentale, qui se tiendra à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, du 16 au 19 novembre 2000, à l'occasion du centenaire de la première évangélisation de l'ancienne Haute Volta. On parle désormais depuis trois ans d'unir les deux conférences épiscopales de l'Afrique Occidentale, l'anglophone et la francophone. Même si ce ne sera pas encore une véritable fusion, on cherchera, au cours des travaux, à individualiser les ressources disponibles de la région, pour mettre en pratique les propositions du synode africain. Les invités seront en tout presque 150 et l'on comptera sur la participation de 71 évêques anglophones et 64 francophones. 
L'Association des conférences épiscopales anglophones de l'Afrique Occidentale (Aecawa) comprend le Nigeria, le Ghana, le Liberia, la Sierra Leone et la Gambie, tandis que la Conférence Episcopale régionale de l'Afrique Occidentale (Cerao) rassemble le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Togo, le Niger, le Sénégal, la Mauritanie, le Cap Vert et la Guinée Bissau. Mercredi dernier, à Abidjan (Côte d'Ivoire), le comité préparatoire de l'assemblée plénière conjointe des deux conférences épiscopales régionales de l'Afrique Occidentale s'est réuni en comité restreint; il s'était déjà réuni en 1999 à Abuja (Nigeria) ainsi que les deux années précédentes. 

(Misna, Italie, 24 juillet 2000)
Khartoum : La vie de l’Eglise catholique est de plus en plus difficile 

L'Eglise catholique est dans la ligne de mire des autorités soudanaises. C'est ce que déclarent à l'agence MISNA des sources ecclésiastiques se trouvant à Khartoum qui dénoncent les persécutions des autorités islamiques contre le clergé et les écoles catholiques. Ces deux derniers jours ont par exemple été marqués par une tentative manquée de prendre possession de deux écoles catholiques des zones Aradi 1 et 2 de la province de Jebel Aulia (50 kilomètres au sud de la capitale), dédiées à l'éducation des réfugiés de la guerre civile. Malgré les déclarations rassurantes des autorités soudanaises – affirment les sources de la MISNA – au sujet de leur collaboration avec l'église catholique locale, on enregistre surtout dans le sud, qui abrite la majorité des chrétiens du pays, un véritable assaut contre les écoles catholiques qui vise très probablement à rendre l'éducation élémentaire exclusivement musulmane. En outre, les représentants de l'Eglise ont de plus en plus de difficultés à se déplacer à l'intérieur ou à l'extérieur du territoire soudanais faute d'autorisations. Il y a quelques semaines, le Département des Affaires Ecclésiales du Ministère de la Planification Sociale a donné l'ordre aux ambassades soudanaises du monde entier de ne pas accorder de permis au clergé catholique sans avoir été contacté auparavant et sans l'autorisation du Ministère de l'intérieur. 

(MISNA, Italie, 20 juillet 2000 )
Evêque de Rumbek : Mon peuple vit dans la terreur des bombes 

"La population du diocèse catholique de Rumbek (Soudan méridional) vit constamment dans la peur des raids de l'aviation soudanaise". C'est ce qu'a déclaré à la MISNA Mgr Cesare Mazzolari, évêque de Rumbek. "Nous avons été contraints, par précaution, à suspendre les leçons à l'école élémentaire catholique de Rumbek" a déclaré le religieux. "Pas un jour ne se passe sans que l'Antonov soudanais (N.d.R un avion militaire de transport utilisé comme bombardier) ne survole le ciel de Bahr el Ghazal, la région du Soudan méridional la plus touchée par la famine" a-t-il déclaré. A Achongchong, environ 35 km au nord de Wau, les gens se sont amassés dans des conditions désespérées, 20 à 25 000 personnes qui tentent de fuir les combats entre les gouvernementaux et le Spla (Armée de Libération Populaire du Soudan). Mgr Mazzolari, un combonien italien de 63 ans, a lancé un appel aux parties en lutte afin qu'elles respectent le cessez-le-feu et évitent à la population civile de souffrir inutilement. La guerre dans la sud du Soudan a éclaté en 1983 et a fait plus de 2 millions de morts.

(MISNA, Italie, 20 juillet 2000 )

 
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Un évêque grec assassiné à Khartoum
 

Un évêque de confession grecque-orthodoxe, Mgr Titos Karatzalis, de nationalité grecque, a été assassiné lundi soir à son domicile de Khartoum, a annoncé mercredi l'ambassadeur de Grèce au Soudan. 
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'évêque, qui était âgé de 69 ans, a été poignardé par un ou plusieurs voleurs alors qu'il se trouvait seul dans sa résidence, et l'assassinat n'aurait pas d'implication religieuse ou politique, a précisé à l'AFP l'ambassadeur de Grèce, George Vallindes.
"La police poursuit son enquête, mais il ne s'agit pas a priori d'une affaire religieuse ou politique", a par ailleurs confirmé à Alexandrie (Egypte) un porte parole du Patriarcat d'Alexandrie, qui a autorité sur toute l'Afrique, et dont dépend l'évêque assassiné. 
Ce porte parole a précisé que Mgr Karatzalis avait été muté il y a quatre ans d'Alexandrie dans la capitale soudanaise. Le ou les auteurs de l'assassinat n'avaient pas été arrêtés mercredi matin, a-t-il ajouté. 
Le corps de l'évêque se trouvait mercredi dans un hôpital de Khartoum pour y être examiné, et devait être transporté dans les prochains jours à Athènes, selon l'ambassadeur grec à Khartoum. 
(A.F.P. –B.Q.A. n°15757 du 3 août 2000)
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"La communauté internationale ne peut abandonner les civils Sud Soudanais"
 

"Ces bombardements sont véritablement sans précédent!". C'est le cri de douleur lancé ce matin à l'agence MISNA par Mgr Cesare Mazzolari, évêque de Rumbek (Soudan méridional), italien, 63 ans, Le religieux a été contacté par téléphone à Lokichokio (Nord du Kenya), où il attend de pouvoir regagner son diocèse après que l'aviation de Khartoum ait lancé des raids, ce week-end, sur les objectifs civils des régions de Bahr el Ghazal, du Haut Nil, et de l'Equateur Occidental. Parmi les localités touchées, on signale Wuncok, Nyamlell, Yei, Shambe et Adior. "Actuellement, les civils qui se déplacent à cause des bombardements – poursuit l'évêque – sont 1,7 millions mais ils pourraient passer à 5 ou 6 millions si les combats armés dans la zone ne cessent pas". "Les conditions des déplacés prennent une tournure dramatique à cause des averses diluviennes. C'est la saison des pluies et les gens sont privés de couvertures, de revêtements de plastique et de protections contre les moustiques". "La communauté internationale ne doit pas ignorer cette urgence – souligne Mgr Mazzolari – et les organisations de secours ne doivent pas se retirer si elles ne veulent pas contribuer à une catastrophe humanitaire". Mgr Mazzolari lance cet appel conscient que les agences et les organisations d'aide sont une cible importante des bombardements effectués par l'armée de Khartoum. Le gouvernement nord-soudanais a en effet l'intention de d'interrompre les ravitaillements destinés aux rebelles du Spla (Armée de Libération Populaire du Soudan) rendus possibles grâce aux vols des organisations humanitaires œuvrant dans le Soudan méridional.
L'offensive gouvernementale a été déclenchée suite à une série de victoires militaires des rebelles. Au cours des dernières semaines, en effet, le Spla a pris le centre de Maaban (au Nord de Malakal) dans le Haut Nil, et la petite ville de Gogrial et deux ponts de la région de Bahr el Ghazal, se rapprochant ainsi du chef-lieu, Wau.
 (MISNA, Italie, 31-07-2000 )
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Le chef de la diplomatie soudanaise au Vatican
 

Cité du Vatican, 26 juil - Le chef de la diplomatie soudanaise, Moustafa Osmane Ismaïl s'est entretenu mercredi au Vatican avec son homologue au Saint Siège, Mgr Jean-Louis Tauran, des perspectives de paix et de la place des catholiques au Soudan, a annoncé le Vatican. 
"Le ministre soudanais a fait part des derniers développements politiques visant à introduire le multipartisme et un système fédéral pour pouvoir mettre fin au conflit qui déchire le sud Soudan depuis de longues années", a indiqué le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro Valls, dans un communiqué. 
Au cours de l'entretien les deux hommes ont également évoqué la situation de l'Eglise catholique au Soudan et examiné "les moyens d'améliorer les conditions de vie de la communauté catholique" pour lui permettre "de participer plus activement au développement de la société soudanaise". 
Le Sud Soudan dont les populations sont à majorité chrétiennes et animistes est en proie à une guerre civile depuis 1983 contre le pouvoir central nordiste et musulman de Karthoum. 
(A.F.P. – B.Q.A. n°15752 du 27 juillet 2000)
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Les évêques anglophones et francophone de l’Afrique veulent travailler ensemble
 

Les évêques anglophones et francophones de l'Afrique occidentale ont le désir grandissant de travailler ensemble et de mettre en pratique le synode africain selon lequel l'Eglise est la "famille de Dieu". Les évêques sont tous d'accord, notamment parce qu'ils ont les mêmes problèmes pastoraux. "Construire l'Eglise Famille de Dieu en Afrique Occidentale: défis et ressources à la veille du IIIème millénaire" est le titre de la première rencontre plénière des deux conférences épiscopales régionales de l'Afrique Occidentale, qui se tiendra à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, du 16 au 19 novembre 2000, à l'occasion du centenaire de la première évangélisation de l'ancienne Haute Volta. On parle désormais depuis trois ans d'unir les deux conférences épiscopales de l'Afrique Occidentale, l'anglophone et la francophone. Même si ce ne sera pas encore une véritable fusion, on cherchera, au cours des travaux, à individualiser les ressources disponibles de la région, pour mettre en pratique les propositions du synode africain. Les invités seront en tout presque 150 et l'on comptera sur la participation de 71 évêques anglophones et 64 francophones. 
L'Association des conférences épiscopales anglophones de l'Afrique Occidentale (Aecawa) comprend le Nigeria, le Ghana, le Liberia, la Sierra Leone et la Gambie, tandis que la Conférence Episcopale régionale de l'Afrique Occidentale (Cerao) rassemble le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Togo, le Niger, le Sénégal, la Mauritanie, le Cap Vert et la Guinée Bissau. Mercredi dernier, à Abidjan (Côte d'Ivoire), le comité préparatoire de l'assemblée plénière conjointe des deux conférences épiscopales régionales de l'Afrique Occidentale s'est réuni en comité restreint; il s'était déjà réuni en 1999 à Abuja (Nigeria) ainsi que les deux années précédentes. 
(Misna, Italie, 24 juillet 2000)
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Khartoum : La vie de l’Eglise catholique est de plus en plus difficile
 

L'Eglise catholique est dans la ligne de mire des autorités soudanaises. C'est ce que déclarent à l'agence MISNA des sources ecclésiastiques se trouvant à Khartoum qui dénoncent les persécutions des autorités islamiques contre le clergé et les écoles catholiques. Ces deux derniers jours ont par exemple été marqués par une tentative manquée de prendre possession de deux écoles catholiques des zones Aradi 1 et 2 de la province de Jebel Aulia (50 kilomètres au sud de la capitale), dédiées à l'éducation des réfugiés de la guerre civile. Malgré les déclarations rassurantes des autorités soudanaises – affirment les sources de la MISNA – au sujet de leur collaboration avec l'église catholique locale, on enregistre surtout dans le sud, qui abrite la majorité des chrétiens du pays, un véritable assaut contre les écoles catholiques qui vise très probablement à rendre l'éducation élémentaire exclusivement musulmane. En outre, les représentants de l'Eglise ont de plus en plus de difficultés à se déplacer à l'intérieur ou à l'extérieur du territoire soudanais faute d'autorisations. Il y a quelques semaines, le Département des Affaires Ecclésiales du Ministère de la Planification Sociale a donné l'ordre aux ambassades soudanaises du monde entier de ne pas accorder de permis au clergé catholique sans avoir été contacté auparavant et sans l'autorisation du Ministère de l'intérieur.
 (MISNA, Italie, 20 juillet 2000 )
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Evêque de Rumbek : Mon peuple vit dans la terreur des bombes
 

"La population du diocèse catholique de Rumbek (Soudan méridional) vit constamment dans la peur des raids de l'aviation soudanaise". C'est ce qu'a déclaré à la MISNA Mgr Cesare Mazzolari, évêque de Rumbek. "Nous avons été contraints, par précaution, à suspendre les leçons à l'école élémentaire catholique de Rumbek" a déclaré le religieux. "Pas un jour ne se passe sans que l'Antonov soudanais (N.d.R un avion militaire de transport utilisé comme bombardier) ne survole le ciel de Bahr el Ghazal, la région du Soudan méridional la plus touchée par la famine" a-t-il déclaré. A Achongchong, environ 35 km au nord de Wau, les gens se sont amassés dans des conditions désespérées, 20 à 25 000 personnes qui tentent de fuir les combats entre les gouvernementaux et le Spla (Armée de Libération Populaire du Soudan). Mgr Mazzolari, un combonien italien de 63 ans, a lancé un appel aux parties en lutte afin qu'elles respectent le cessez-le-feu et évitent à la population civile de souffrir inutilement. La guerre dans la sud du Soudan a éclaté en 1983 et a fait plus de 2 millions de morts. 
(MISNA, Italie, 20 juillet 2000 )
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Appel de l'archevêque de Canterbury au Soudan à la tolérance
 
Khartoum, 29 avril (AFP) - L'archevêque de Canterbury George Carey en visite au Soudan, a lancé samedi un message de réconciliation et de tolérance religieuse dans ce pays, ravagé par 17 ans de guerre civile. 
Le primat de l'Eglise d'Angleterre, arrivé à Khartoum dans la nuit de vendredi à samedi, a fait cet appel lors de ses entretiens avec des responsables gouvernementaux a-t-on appris de source officielle. 
"L'archevêque a appelé au dialogue et à la coexistence entre chrétiens et musulmans au Soudan", a indiqué à la presse le ministre de la Planification sociale, Qotbi Mahdi, après un entretien avec George Carey. 
L'archevêque a aussi visité un camp de réfugiés à proximité de la capitale. Dimanche, il doit se rendre à Juba (Sud) pour assister à l'intronisation de l'archevêque de l'Eglise anglicane du Soudan, Joseph Marona, poste vacant depuis deux ans. 
"La première priorité de Joseph Marona est d'oeuvrer en faveur de la paix et de la réconciliation parmi tous les peuples du Soudan, quelle que soit leur religion ou leur origine", avait déclaré Mgr Carey à son arrivée à Khartoum. 
C'est la troisième visite de l'archevêque de Canterbury au Soudan, et la première depuis cinq ans. 
Dans son sermon de Pâques, l'archevêque avait mis en garde contre les risques d'oublier la guerre du Soudan. 
L'archevêque de Canterbury a par ailleurs discuté avec le ministre des Affaires étrangères Mustafa Osmane Ismaïl de la paix au Soudan et des effets de la guerre. 
Khartoum a annoncé samedi qu'il allait prolonger jusqu'au 15 juillet un cessez-le-feu temporaire dans la région de Bahr al-Ghazal (sud) afin de faciliter l'acheminement d'aide humanitaire à la population. 
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Appel aux conférences épiscopales des pays du Nord
 

Le 18 février, les membres du Conseil épiscopales de la région de l’Afrique centrale ont lancé un vibrant appel à leurs frères évêques des Eglises du Nord, leur demandant d’intervenir auprès de leurs gouvernements et des entreprises internationales pour que cesse les conflits et la violation des droits de l’Homme dont sont victimes leurs pays.

Chers confrères dans l’Episcopat

Nous membres du Conseil permanent de l’Association des conférences de la région de l’Afrique centrale (ACERAC) regroupant les pays suivants : Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad, nous nous sommes réunis à Bangui du 15 au 18 février 2000.

Malgré l’appel que nous avons lancé à Yaoundé au terme de notre Assemblée plénière en juillet 1999 sur le thème « Sécurité , droits humains et paix dans la sous-région d’Afrique centrale », nous constatons dans plusieurs de nos pays la persistance des conflits armés et du climat d’insécurité.

En effet, les braquages et les assassinats se multiplient, les milices ainsi que les armées régulières, parfois appuyées par des armées étrangères, se livrent au pillage et au viol en toute impunité, provoquant le déplacement massif de populations innocentes.

Dans les pays qui ne connaissent pas d’affrontements armés, les mêmes malheurs peuvent arriver. En effet, les droits humains sont foulés aux pieds, créant ainsi des risques d’explosion. Déjà dans nos pays la misère, la pauvreté et le sida s’installent.

Les causes réelles de ces tensions et de ces conflits sont à la fois internes et externes.

Ainsi dans nos pays, le tribalisme politisé, le manque de transparence dans la gestion de la chose publique, l’égoïsme de nos responsables politiques, la corruption généralisée gangrènent les structures de nos Etats et hypothèquent gravement l’avenir de nos peuples et plus particulièrement des jeunes.

Cependant les puissances extérieures ont aussi leur part de responsabilité dans la situation actuelle.

La recherche effrénée de leurs seuls profits, souvent au détriment de ceux de nos pays, les pousse à corrompre les décideurs. Ces puissances extérieures ne reculent devant rien pour sauvegarder leurs intérêts.

L’exploitation de nos ressources naturelles est ainsi devenue paradoxalement la source de nos malheurs. Des Nations entières ont été mises à feu et à sang dans le seul but de préserver les intérêts de telle ou telle société internationale.

Au nom de la solidarité humaine et chrétienne, nous vous supplions d’intervenir auprès de vos gouvernements, vos leaders politiques et économiques, vos entreprises internationales pour qu’ils écoutent davantage le cri angoissé de nos peuples victimes de cette recherche effrénée du profit. En effet « l’Afrique actuelle peut être comparée à l’homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho ; il tomba entre les mains des brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent le laissant à demi mort (cf. Lc 10, 30-37). L’Afrique est un continent où d’innombrables êtres humains –hommes et femmes, enfants et jeunes- sont «étendus , en quelque sorte, sur le bord de la route, malades, blessés, impotents, marginalisés et abandonnés. Ils on un extrême besoin de bons Samaritains qui leur viennent en aide » (Ecleisa in Africa, n°41).

Que cette année du Jubilé soit pour nous tous une année de justice. « Qu’elle soit un temps de réconciliation entres les hommes et de concorde retrouvée entre les nations ; un temps où les lances se transforment en faucilles, où le fracas des armes fait place aux chants de Paix » (Jean-Paul II, Prière pour l’an 2000).

Fait à Bangui, le 18 février 2000 
 

Le Conseil permanent

       Cameroun               Centrafrique                       Congo Brazzaville
Mgr Conelius Esua     Mgr Paulin Pomodimo         Mgr Anatole Milandou

     Guinée Equatoriale                                      Tchad
Mgr Juan Matogo Oyana                   Mgr Charles Vandame
 

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Centenaire de la première messe après le révolution Mahdiste
 
L’église soudanaise fête aujourd’hui le centenaire de la première messe, célébrée par Mgr. Antonio Maria Roveggio, qui eut lieu au terme de la révolution mahdiste. En 1881, Mohammed Ahmad se proclama "Mahdi" – sauveur et rédempteur – et commença au Soudan une croisade dans le but de sauver l’Islam, trouvant le soutien non indifférent de groupes ethniques arabisés du nord du pays. En 1885, les mahdistes occupèrent Khartoum, battant les anglais du général Gordon, et instaurèrent le premier gouvernement national. Le régime de Mahdi dura jusque en septembre 1898, mais peu de temps fut nécessaire pour balayer le travail des missionnaires catholiques. La sainte messe de Roveggio marqua la résurrection d’une église qui, au cours de la révolution, avait subit des peines indescriptibles. Le jour du centenaire était hier, 6 janvier, mais étant un jour de travail, les organisateur ont décidé de le renvoyer à aujourd’hui, vendredi, jour férié à Khartoum. Cette date coïncide d’ailleurs avec l’Id al-Fitr, la fête musulmane qui marque la fin du Ramadan. Les célébrations du centenaire se tiendront à partir de 10 h 00, heure locale au Merikh Stadium de Omdurman, en la présence de milliers de fidèles catholiques. La liturgie solennelle sera présidée par l’archevêque de Khartoum, Mgr. Gabriel Zubeir Wako. (CO)
7 janvier 1999 – (MISNA)
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Le Soudan va transformer les écoles primaires en écoles coraniques
 

Le Président du Soudan Omar Hassan al-Bashir a donné l'ordre aux gouverneurs des Etats de transformer les écoles primaires en écoles coraniques et d’enseigner le Coran aux enfants. (Les cours de religion sont déjà obligatoires V.S.).
Bashir, en annonçant ce plan, à l’occasion d’une remise de diplômes à des instituteurs d'écoles primaires et de classes enfantines, a dit que « son gouvernement avait l'intention de changer la société pour vivre selon l'enseignement du Coran ». 
Environ deux millions de gens du Sud déplacés sont estimés vivre dans la capitale et les chrétiens parmi eux sont alarmés par l'ordre de Bashir. Bien qu'aucun n'ait voulu parler publiquement, ils dénoncent la déclaration comme une menace pour leur religion. "Nous pensions que le départ de l'islamiste fondamentaliste, Hassan al-Turabi, aurait aidé le gouvernement a être plus tolérant envers les autres religions, mais il semble que rien n'a changé", a déclaré un instituteur.
Un autre instituteur a dit que: "s’ils veulent changer ces écoles en écoles coraniques, ceci est une violation du droit des chrétiens."
Le gouverneur de l'Etat de Khartoum, Mazjoub al-Khalifa, a dit que son état "projetait de transformer toutes les écoles (primaires) dans l'état de Khartoum en écoles coraniques pour le début de l'année 2002." Il y a maintenant 420 écoles coraniques dans l'état de Khartoum avec 41 722 élèves. (il y a près de 49.000 enfants dans les écoles pour enfants déplacés dans la banlieue de Khartoum - V.S.)
Reuters - Khartoum, 30 décembre 1999
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Veillée de prière après la libération des 2 prêtres
 

 Une veillée de prière a eu lieu le 6 décembre au soir en la cathédrale de Khartoum pour remercier pour la libération des pères Hilary Boma et Lino Sabit, relâchés par les autorités locales. Les 2 prêtres étaient présents au milieu d’une foule de fidèles et de l’archevêque Mgr Gabriel Zubeir. Le Président Omar Hassan el Béshir a déclaré que la libération des 2 prêtres avaient été décidée en vue du Ramadan comme signe de paix. Ces derniers avaient été arrêtés avec 18 autres personnes en juillet 1998, tous accusés d’implication dans des attentats à la dynamite à Khartoum. Les 18 laïcs ont été relâchés le 7 décembre au matin. 
MISNA, 7 décembre 1999
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Les Pères Boma et Sebit  veulent rester en prison
 
Les deux prêtres catholiques, Hilary Boma et Lino Sebit détenus depuis près de 16 mois à Khartoum n’ont pas l’intention de bénéficier de l’amnistie accordée ces jours derniers par le président Omar el Béchir. D’après le service d’information Misna, les Pères Boma et Sebit sont en fait déterminés à attendre la décision finale de la Cour de Justice du Nord du Soudan jusqu’à ce que la lumière soit faite sur les accusations de terrorisme qui ont conduit à leur arrestation et à leur détention.

Ils ne veulent quitter la prison qu’après un acquittement total. Tous les membres de l’Eglise du Soudan, y compris l’Archevêque Gabriel Zubeir Wako, partagent et approuvent la courageuse décision prise par les 2 prêtres. Les Eglises protestantes ont également exprimé leur approbation, ce qui montre la grande solidarité qui s’est manifestée tout au long de cet épisode qui a commencé l’été 1998. « La constante persécution des baptisés au Soudan, (poursuit une source qui désire garder l’anonymat) a contribué à renforcer les relations entre les différentes dénominations chrétiennes gardant ainsi très vivant l’esprit œcuménique.
Le Père Boma, 57 ans, Chancelier diocésain de Khartoum, et le Père Sebit, 30 ans vicaire à Hilla Mayo, furent arrêtés le 28 juillet et le 1er août pour leur implication présumée dans une série d’attaques à la bombe. Presque tous les engins explosifs furent découverts et désamorcés sans problème et sans hâte par les Services de Sécurité.

MISNA, Soudan, 28 novembre 1999
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Le Soudan édicterait un décret contre la construction d'églises dans les bidonvilles
 

Mercredi 11 août 1999

Khartoum (Deutsche Presse Agentur) - Aucune église ne sera construite dans aucune partie de la capitale soudanaise sans l'approbation du gouvernement si le décret que prépare le ministère de la Planification Sociale est pris dans quelques jours, selon le quotidien Al-Rai al-Aam de mercredi.
Le directeur de l'administration de l'Eglise au ministère de la Planification Sociale, Abdal-Jubar Osman dit au journal qu'un certain nombre d'église de fortune avaient poussées comme des champignons dans les bidonvilles de la capitale soudanaise sans approbation du gouvernement.
"Des églises dans ces bicoques ont poussé dans des endroits dépourvus de présence chrétienne", dit Osman au journal. 
Il dit que le décret attendu mettrait fin aux églises qui se sont développées dans les banlieues de la capitale sans permission du gouvernement.
Osman fit cette déclaration à la suite de l'attaque d'une église de fortune par une secte musulmane dimanche dernier.
La police dit que des deux côtés il y eut des blessures légères et que 13 des attaquants musulmans et 7 chrétiens furent arrêtés.
Ces églises de fortune sont construites par des chrétiens déplacés du fait de la guerre du Soudan du Sud et de l'Ouest, qui se sont établis dans la périphérie de la capitale soudanaise.
Ils utilisent aussi les églises comme écoles et parfois comme centres de santé.
Un certain nombre de ces églises ont été incendiées par des musulmans fanatiques. Quelques unes ont été détruites par les urbanistes gouvernementaux, causant une grande détresse parmi les personnes déplacées.
L'Eglise catholique s'est plainte de la difficulté qu'il y a à obtenir l'autorisation de construire une église dans quelque partie que ce soit du Soudan du Nord.
Le gouvernement répond qu'il n'empêche pas la construction d'églises ; mais que pour qu'une église soit construite dans un endroit, les gens de cet endroit doivent donner leur accord.
(traduit par V.S.)

V.S. Il s'agit de constructions rectangulaires en paille appelées "rakoubas" servant tour à tour d'église, d'école, de dispensaire. Vigilance Soudan espère vivement que les autorités soudanaises auront abandonné cette idée de décret. Elles nous répètent que la liberté de conscience existe au Soudan. Les droits accordés par la Constitution sont-ils absolus ou bien liés à l'agrément des voisins ? La conscience répugne à une mesure prise spécialement pour donner raison aux incendiaires et tort aux incendiés. Ce décret serait applicable à Khartoum. Tous les citoyens ne doivent pas se sentir chez eux dans une capitale fédérale ? 

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Expulsion de Gilles Poirier, P.M.É.(prêtre des missions étrangères du Québec), du Soudan
 
Introduction 

Le souffle vous a déjà  mis au courant de l’expulsion de notre confrère Gilles Poirier du Soudan, le 6 août dernier. Les trois dernières semaines lui ont causé passablement de stress car ces pressions survinrent un an, presque jour pour jour, après la détention de l’abbé Lino Sebit, vicaire de Gilles à Hilla Mayo. Ce jeune prêtre et le chancelier de l’archidiocèse de Khartoum sont d’ailleurs toujours en prison avec une quinzaine d’autres inculpés.

La frustration vient aussi du fait que personne dans le gouvernement n’a voulu révéler les motifs de son expulsion et, disons-le entre nous, que la première dénonciation semble être venue de cercles paroissiaux déjà connus. Et pour comble d’ironie, deux entrevues, l’une à un représentant de l’archidiocèse et l’autre au nonce, ont été concédées le 8 août, soit quelques heures après la sortie de Gilles du Soudan : elles n’ont rien apporté. De plus cette même journée, dans une conférence de presse, un représentant du gouvernement a affirmé que Gilles avait déjà .été expulsé de plusieurs autres pays et avait enfreint les lois du Soudan.

Enfin, ce même dimanche des musulmans fanatiques ont provoqué les chrétiens dans une paroisse voisine de celle de Gilles, durant la célébration eucharistique, au point où une violente échauffourée s’est engagée entre les deux clans et le tout s’est terminé par quelques arrestations de part et d’autres.

Ici à Pont-Viau, Gilles s’est prêté à une conférence de presse pour les confrères, après l’eucharistie dominicale, le 8 août . Il a aussi donné une entrevue avec un journaliste du Journal de Montréal le dimanche après-midi et une conférence de presse à la Maison centrale, le lundi 9 août, où les média avaient été invités. Une page complète a paru lundi dans le Journal de Montréal; Radio Canada, CKAC et TVA en ont parlé et sans doute quelques autres média. Cette nouvelle a aussi été commentée par Radio Vatican. Quelques agences l’ont mentionné sur l'Internet. La Société avait émis un communiqué de presse, déjà publié dans Le souffle.

Gilles s’est senti humilié, car il a dû sortir en vitesse de sa paroisse et en plus, dans les derniers moments, un agent de police ne le lâchait pas d’un centimètre et lui a remis son passeport seulement au pied de l’escalier de l’avion. Mais il n’a pas perdu son tempérament calme, ni sa foi profonde ni son désir de retourner là-bas après une année sabbatique qu’il entreprendra au Centre de Spiritualité Manrèse à Québec, un projet qu’il caressait pour septembre de l’an 2000. Il semble que plusieurs des missionnaires expulsés ont pu retourner au bout de quelques années de patience : Magella Coulombe en sait quelque chose!

Gilles a été particulièrement sensible aux messages de solidarité reçus, notamment par courrier du Honduras, du Japon, du Chili, de la Chine etc.

Vous trouverez quelques documents relatifs à cette affaire, susceptibles de vous faire comprendre un peu mieux la trame des événements.



Le régime de Khartoum expulse un prêtre canadien

Khartoum, le 8 août 1999

Des sources de l'Église catholique à Khartoum ont annoncé l'expulsion ce matin de M. l'abbé Gilles Poirier (57 ans), de nationalité canadienne. L'abbé Poirier a travaillé pendant 7 ans dans la paroisse de Hilla Mayo, un bidonville à 10 km de Khartoum. Il fut convoqué le 15 juillet au Département de l'immigration où on lui dit qu'il avait deux semaines pour quitter le pays. Aucune raison ne fut donnée pour son expulsion. Le jour même, le Père Emil Saad Suleiman, représentant l'archevêque de Khartoum demanda de rencontrer les autorités compétentes. Le Père Suleiman écrivit quatre fois au ministre pour la Planification Sociale, M. Hassan Dahoui, mais n'a jamais reçu de réponse.

De même, on rapporte que le Nonce Apostolique au Soudan tenta de rencontrer des représentants qualifiés du gouvernement. Une rencontre avait été fixée pour aujourd'hui avec un officier en charge des affaires d'Église. Il est trop tard cependant pour différer l'expulsion de l'abbé Poirier qui, tôt ce matin, a été escorté par la police à l'aéroport de Khartoum et mis sur un avion à destination du Canada.

"Ceci est un autre signe que le régime essaie une fois de plus de paralyser l'Église", ce sont les paroles d'un représentant de l'Église qui ne désire pas être nommé. "Le gouvernement prétend qu'il veut dialoguer avec les Églises, mais il fait tout en son pouvoir pour nous faire disparaître."

Pour beaucoup à Khartoum ceci est vu comme un autre coup porté à l'Église catholique au Soudan. Durant les dernières années, celle-ci a fait campagne pour la libération de prêtres soudanais, Père Hilary Boma, Père Lino Sebit et 24 autres, accusés par le régime d'être impliqués dans l'explosion d'une série de bombes à Khartoum le 30 juin dernier.

Selon le rapport du rapporteur spécial de la Commission pour les droits humains des Nations Unies, tous ces détenus ont été systématiquement torturés dans la prison et trois des accusés qui sont "disparus" sont présumés morts sous la torture.

Un représentant de l'Église aurait dit: "Malgré les déclarations du gouvernement qui se dit ouvert au dialogue, des événements récents prouvent qu'ils préféreraient que nous n'existions pas." Des exemples en sont la destruction d'écoles (rasées par bélier-mécanique), de l'Église, les efforts continuels des autorités pour confisquer nos écoles, ainsi que le harcèlement régulier et la détention de prêtres et de religieux. Un autre membre du clergé soudanais aurait dit: "Nous, au Soudan, sommes persécutés de tous côtés et très peu dans le monde extérieur semble s'en soucier."
(Traduction: Armand Lalande, p.m.é.)



Lettre du Vicaire général de Khartoum à Gilles Poirier
Le 6 août 1999.

Cher Père Gilles,

J'avais espéré qu'il ne me serait pas nécessaire de t'écrire cette lettre. Quelques heures après ton départ forcé je sens que je dois le faire. Avant toute chose, permets moi de te remercier pour tout le travail que tu as fait dans cet archidiocèse depuis 1992. Tu as fait un travail bon et durable parmi le peuple. Ironiquement, ton départ forcé, ton expulsion, est le vrai signe que tu as été un bon et fidèle ouvrier dans la vigne du Seigneur. Merci aussi au nom de l'Archevêque; s'il avait été ici il t'aurait exprimé des mots et des sentiments d'appréciation mieux que personne ne peut le faire. Merci beaucoup. Le Seigneur a ses propres voies; je suis sûr qu'un jour ou l'autre tu seras de retour au Soudan.

L'Église catholique regrette ton expulsion. Nous tenons le gouvernement du Soudan responsable de cette action qui est à la fois abus de pouvoir, discrimination religieuse et atteinte aux droits humains. L'Église catholique de Khartoum tient le gouvernement du Soudan responsable de ne pas avoir présenté aux autorités appropriées les raisons de ton expulsion. Ils ont systématiquement évité les autorités de l'Église, n'ont pas voulu rencontrer le représentant officiel de l'Archevêque et même le Nonce Apostolique qui est le représentant officiel du Pape dans le pays. Nous ne pouvons souffrir plus grande méchanceté; on y ajoute encore de la moquerie: samedi, quelques heures après ton départ de l'aéroport de Khartoum, le ministre de la Planification Sociale recevra le Nonce. On concède aussi au Père Emil Saad Soleiman un rendez-vous avec le Ministre d'État pour les Affaires internes.

Tu sais que dans ton cas, le Père Emile Saad,  conseillé et supporté par un groupe de quatre dans la Curie, moi en tête, a fait tout en son pouvoir pour être reçu par le ministre de la Planification Sociale et pour rencontrer d'autres autorités du gouvernement, mais cela n'a servi à rien. Tu sais aussi que le Nonce Apostolique a essayé; lui non plus n'a pu obtenir de rendez-vous avec les divers ministres qu'il a essayé de rencontrer et auxquels il a demandé une entrevue. L'Archidiocèse ne peut blâmer le P. Emile ni le Nonce de n'avoir pu arrêter ton expulsion. En ajoutant des heures et des jours de plus, le gouvernement a donné l'impression que quelque chose pouvait être fait. Mais un gros mur a été érigé dans toute direction où ils essayaient d'aller.

J'espère que tu as eu un bon voyage, sans accident. Je suis sûr que tu as eu le temps de verser quelques tristes larmes. Prie pour nous. Tu connais la situation où nous nous trouvons. Le combat n'est pas fini. La prochaine tempête sera au sujet de nos écoles: ce que nous craignons, c'est que les enfants perdent une occasion de recevoir le type d'éducation que leurs parents souhaitent. Meilleurs vœux.

Fr. John Ramanzini,
Vicar General,
Archidiocese of Khartoum.
(Traduction: Armand Lalande, p.m.é.)



Lettre du Supérieur Général 

Le 7 août 1999.
M. Gilles Poirier p.m.é., Laval (Canada).

Mon cher Gilles,

Sois le bienvenu chez toi, au moment où tu vis une expérience traumatisante, celle d’être expulsé du pays pour lequel tu as donné de belles années depuis 1991.

On dit que ceux qui se sont fait refuser l’hospitalité peuvent en arriver ou bien à se croire coupables de crimes inconnus ou bien à développer une agressivité face au peuple qui les avait accueillis.  Pour ma part, ayant vécu l’expérience soudanaise avec toi, je crois à un autre scénario.  Je prie en tout cas pour que tu vives ce drame, non sans pleur mais avec foi et sérénité.

Quand les gens me demandent de quoi tu es accusé, ou de quoi tu es coupable, je dis que tu es coupable d’Évangile. Que tu es coupable de compassion pour un peuple martyrisé, particulièrement pour ses deux millions de déplacés autour de la capitale.  Que tu es coupable de solidarité avec les leaders de l’Église à Khartoum, et particulièrement avec le clergé soudanais.  Ton vicaire Lino, un autre prêtre et une vingtaine de chrétiens ne sont-ils pas prisonniers depuis un an sans qu’on ait réussi à les convaincre des crimes dont on les accuse? Tu partages maintenant l’injustice qui leur est faite en étant toi-même expulsé.

“ Ils ont alors produit de faux témoins… Ils se bouchèrent les oreilles… Ils le poussèrent hors de la ville ”  J’apprécie particulièrement que le Vicaire général de Khartoum, mon ami le Père John Ramanzini, ait appliqué ces textes du martyre d’Étienne à la situation que tu vis présentement.  Combien de fois avons-nous répété que l’Église soudanaise revit les Actes des Apôtres!

L’année sabbatique que tu avais prévue pour l’an prochain se trouve devancée malgré ta volonté.  Tu en profiteras sûrement, d’autant plus que les dernières semaines auront été particulièrement éprouvantes pour toi.

La mission de Dieu continue au Soudan.  Ta mission à toi continue aussi… Nous verrons sous quelle forme.  Un retour possible n’est même pas exclu.  Dieu a ses voies.

Roland Laneuville, p.m.é.,
Supérieur général.



Le Saint Siège dénonce la persécution religieuse au Soudan 

Mgr Lukudu : l'oppression est une semence de nouveaux chrétiens

Cité du Vatican, 13 août - Les autorités soudanaises ont expulsé le missionnaire Gilles Poirier, sans aucune explication. C'est ce qu'a annoncé le sous-directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège, le Père Ciro Benedettini. Le prêtre canadien, des Missions Étrangères du Québec, exerçait son ministère au Soudan depuis sept ans, parmi les réfugiés de la banlieue de la capitale, Khartoum. La hiérarchie locale et le Nonce Apostolique au Soudan ont demandé des explications mais "aucune explication sur les raisons de cette mesure aussi grave n'a pu être obtenue des autorités", souligne une note officielle de la Salle de Presse du Saint-Siège. 

Persécution ouverte
L'expulsion, qui a eu lieu le 7 août dernier, indique la précarité des conditions dans lesquelles l'Église est appelée à exercer sa mission pastorale dans ce pays", conclut le communiqué. Selon Mgr Paolino Lukudu, archevêque de Juba, dans le sud du pays, "l'oppression prend la forme d'une islamisation pour les chrétiens" au Soudan. Et pourtant, l'Église grandit, en dépit de la persécution, ou peut-être grâce à elle.

Islamisation
Mgr Lukudu, qui est intervenu au cours de la dernière assemblée de l'AMECEA, l'organisme qui réunit les évêques d'Afrique orientale anglophone, qui a eu lieu du 26 juillet au 8 août, a avancé des chiffres et raconté des faits documentés pour expliquer la manière dont l'Église est
persécutée dans ce pays, qui vit depuis des années dans une guerre civile entre le sud animiste et chrétien et le nord musulman. "Le système de gouvernement est basé sur le Coran et le contrôle par les fondamentalistes musulmans", a-t-il expliqué. "Ces dernières années, deux prêtres et vingt
assistants ont été arrêtés avec de fausses accusations". 

Semence de martyrs
"Et pourtant, en dépit de la guerre et du gouvernement musulman", l'Église grandit. Il y a 3,3 millions de catholiques sur 28 millions d'habitants. Chaque année environ 10.000 adultes demandent le baptême dans le sud et 9.000 dans le nord. Il y a plus de 200 prêtres. Il y a vingt ans, il n'y en avait que 60. Il y a 240 séminaristes au Grand Séminaire. Au cours des
quatre dernières années, dix nouvelles paroisses ont été ouvertes dans le nord et neuf dans le sud.
Il y a 75.000 élèves dans les écoles catholique primaires dans le nord, et 22.000 dans le sud. La situation des réfugiés figure parmi les défis les plus urgents de l'Église, selon le rapport de Mgr Lukudu. Trois millions de personnes ont fui les zones de combat de la guerre civile pour se réfugier dans le nord. Il y a un million de réfugiés dans la banlieue de la capitale.
L'archidiocèse de Khartoum a créé un Vicariat pour les personnes déplacées, avec plusieurs paroisses qui tentent de répondre aux besoins des personnes. Beaucoup d'entre elles sont catholiques, ou se convertissent. Les congrégations missionnaires ont également augmenté de façon très nette. Trois nouvelles communautés sont arrivées l'an dernier : les Soeurs du Verbe Incarné, les religieuses de Sainte Madeleine de Canossa, et les Soeurs de Marie Immaculée.
L'Église se propose de traduire la Bible et les documents sur la doctrine sociale en langue arabe et dans les langues locales. Les évêques se sont engagés avec le Conseil Soudanais des Églises, à encourager le dialogue entre les tribus pour promouvoir la réconciliation entre groupes ethniques
rivaux.



Lettre du Supérieur Général au Ministre Lloyd Axworthy 

Le 9 août 1999.
Honorable Lloyd Axworthy
Chambre des Communes
Ottawa, Ont, K1A 0A6

Objet : expulsion d’un missionnaire canadien du Soudan.

Monsieur le ministre,

Le but de cette lettre est de vous communiquer que M. Gilles Poirier, p.m.é., de la Société des Missions Étrangères du Québec a été expulsé de Khartoum vendredi le 6 août par les autorités gouvernementales soudanaises.  Ce membre de notre Société, âgé de 57 ans, travaillait au Soudan depuis juin 1992 pour l’Archidiocèse de Khartoum.  Son ministère s’exerçait dans un quartier défavorisé de Hilla Mayo, particulièrement auprès des populations sudistes déplacées par la guerre qui sévit au Soudan depuis 1983.

C’est samedi le 17 juillet dernier qu’il a été convoqué au Ministère de l’Immigration et qu’on l'a sommé de quitter le pays dans les 15 jours suivants.  Accompagné du représentant officiel de l’Église catholique, il a visité différents ministères, y inclus celui qui s’occupe des affaires religieuses, pour s’enquérir des raisons de ce décret.  On lui a immanquablement répondu qu’on ne faisait qu’exécuter des ordres émanant d’autres sources. 

Le Nonce apostolique, représentant le Vatican, n’a pu obtenir d’autre explication. L’Ambassade de Hollande, représentant le Canada, s’est bien assurée qu’on traitait M. Poirier avec égard, ce pour quoi nous sommes reconnaissants.  Cependant M. Poirier n’a pu obtenir du personnel diplomatique qu’ils fassent pression pour obtenir les raisons de son expulsion, laquelle s’est finalement effectuée le 6 août dernier, alors qu’il a été escorté par la police jusqu’au pied de l’avion.

La Société des Missions-Étrangères demande respectueusement au gouvernement du Canada de faire tout  son possible afin de connaître les raisons de cette expulsion.  Ceci pourrait avoir pour effet de permettre un éventuel retour de M. Poirier au Soudan et de protéger tous les autres missionnaires étrangers ainsi que les autres citoyens canadiens qui travaillent au Soudan.  Par la même occasion cela inciterait les autorités soudanaises à plus de respect pour les droits humains de tous, citoyens et étrangers.

Je vous remercie à l’avance de votre collaboration qui confirmerait le rôle du Canada dans la promotion de la justice internationale.

Bien à vous,

Roland Laneuville, p.m.é.,
Supérieur général. 



Dernière heure

- Le gouvernement canadien demande des explications au gouvernement soudanais.

Khartoum, Soudan (Reuter)
Le gouvernement canadien a convoqué un diplomate soudanais à Ottawa, afin d'obtenir des explications au sujet de l'expulsion d'un prêtre catholique québécois qui travaillait au Soudan depuis sept ans. C'est le gouvernement soudanais qui a révélé l'information dimanche, à Khartoum, au Soudan.
Le gouvernement islamiste du Soudan a expulsé Gilles Poirier, âgé de 57 ans, le 7 août dernier, sans fournir d'explication. M. Poirier travaillait dans la paroisse de Hilla Mayo, un bidonville situé à 10 kilomètres de Khartoum, la capitale.
"Notre chargé d'affaire a été convoqué par le ministère canadien des Affaires étrangères, vendredi, et questionné au sujet du prêtre" a dit un fonctionnaire du ministère soudanais des Affaires étrangères. Mais ce fonctionnaire, qui a demandé à ne pas être identifié, a déclaré que son ministère ne disposait d'aucune information sur le religieux québécois ou sur son expulsion.
Samedi, le ministre Hassan Dahawi, chargé de la planification sociale, avait indiqué que le prêtre avait été expulsé, non pas pour des motifs religieux, mais pour "ses infractions aux règlements relatifs à la présence d'étrangers au Soudan, une question qui relève du ministère de l'Intérieur."

NDLR: Roland Laneuville, Gilles Poirier et Jean Greffard rencontrent aujourd'hui à Ottawa, un représentant du Ministère des Affaires extérieures à ce sujet.

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